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Chaque année, le secteur des Bâtiments et travaux publics (Btp) enregistre en moyenne 2 300 accidents du travail, ce qui en fait un des plus à risques. En prélude au Salon Preventica sur la maîtrise des risques qui se tient la semaine prochaine, l’Association des bureaux de contrôle et d’inspection agréés du Sénégal (Acias) a organisé hier une journée de sensibilisation sur la prévention Sécurité protection santé (Sps).

Le secteur des Bâtiments et travaux publics (Btp) est l’un de ceux qui enregistrent le plus grand nombre d’accidents du travail. Selon M. Mor Diagne de la direction de la Prévention des risques professionnels de la Caisse de sécurité sociale (Css), chaque année, ce secteur enregistre en moyenne 2 300 accidents. Les chiffres sont sans doute plus élevés, puisque le système est déclaratif et que seules les entreprises répertoriées accomplissent cette démarche. Dans les entreprises du secteur informel qui emploient une grande proportion d’ouvriers non déclarés, souligne M. Diagne, on trouve des personnes qui n’ont pas toujours la formation professionnelle requise, qui travaillent dans des ambiances physiques particulières, sous la chaleur, à longueur de journée et en soulevant de lourdes charges. «C’est autant de comportements qui laissent penser que les 2 300 sont en deçà, même si on constate une tendance baissière ces dix dernières années», souligne M. Diagne.
C’est pour sensibiliser les entreprises évoluant dans le secteur à la notion de prévention Sécurité-protection-santé (Sps) que l’Association des bureaux de contrôle et d’inspection agréés du Sénégal (Acias) a réuni hier des entreprises évoluant dans le secteur. Selon le président de l’Acias, M. Bruno d’Erneville, «ces accidents créent des pertes énormes, évaluées à près de 3 milliards de francs Cfa par an, sans parler des conséquences quand il y a handicap ou perte de vie qui peuvent avoir des conséquences importantes sur les familles».
L’atelier qui était organisé en prélude au Salon Preventica qui s’ouvre à Dakar la semaine prochaine visait, selon M. d’Erneville, à susciter une réflexion avec les pouvoirs publics, notamment le ministère du Travail. «Il y a des dispositions qui existent, mais qui peinent à fonctionner parce qu’en l’absence de dispositif de répression, les gens font ce qu’ils veulent. Nous allons proposer au ministère du Travail, comme nous l’avons fait avec le Groupement national des sapeurs-pompiers (Gnsp) pour la sécurité incendie, de travailler à l’amélioration des textes pour qu’ils soient plus en adéquation avec nos réalités. La sécurité a un coût, mais il a un prix également.» Le président de l’Acias estime que même si le Sénégal ne peut pas aller au même niveau de sécurité que l’Europe, il faut faire un minimum avec les Equipements de protection individuelle (Epi), de protection collective, et une simplification des procédures. L’association propose ainsi le renforcement des contrôles sur les chantiers. «Pour le moment, les contrôleurs ne sont sur les chantiers que pour le contrôle des bâtiments du point de vue de la norme en tant que bâtiment fini. Le contrôleur ne s’occupe pas de la sécurité des travailleurs. Nous voulons aussi qu’il y ait un contrôle sur les chantiers, que l’on mette en place des contrôleurs techniques pour vérifier que les dispositions sécuritaires sont en place.»
L’Acias qui souhaite faire évoluer la règlementation sur cette question insiste sur la dimension prévention surtout en ce qui concerne le secteur informel. «Il y a des immeubles de grandes hauteurs, construits par de petites entreprises, qui n’ont pas toujours une organisation très solide. Il faut que ces entreprises participent à des ateliers comme le nôtre, mais aussi qu’elles acceptent de former leur personnel pour qu’au moins les gens aient des casques, des chaussures ou que les Epi soient disponibles quand les gens montent sur les toits par exemple», souhaite M. d’Erneville.
mamewoury@lequotidien.sn

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