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Même si l’édition 2019 a été lancée et bien lancée, l’association Saint-Louis Jazz connaît d’énormes difficultés d’organisation. Des difficultés gérées tant bien que mal mais qui plombent l’organisation.
Les organisateurs de l’événement ne s’en cachent pas d’ailleurs, car lors d’une récente sortie leur président, Me Ibrahima Diop, a, comme il a l’habitude de le faire tous les ans, fait savoir que le festival traverse des moments difficiles surtout sur le plan financier. Il avait indiqué que le budget, qui avoisine 180 millions de francs Cfa, peine à être bouclé alors que le festival s’apprêtait à démarrer. Selon les informations qu’il a partagées, 30% seulement de ce budget ont été déjà mobilisés. Cette complainte est devenue maintenant récurrente et ne trouve toujours pas de solutions, malgré les nombreuses tentatives de l’association Saint-Louis jazz et de son président de trouver d’autres sponsors. Il faut noter effectivement que jusque-là, la Bicis et la fondation Bnp Paris-bas sont les principaux bailleurs du festival. La Bicis apporte en effet le soutien financier le plus important et, pour beaucoup, le festival n’existerait plus depuis longtemps si elle s’était retirée.
L’autre problème, qui empêche Saint-Louis jazz d’organiser dans les meilleures conditions, c’est le manque de soutien d’abord de la mairie de Saint-Louis qui accueille l’événement qui non seulement n’en profite pas suffisamment pour vendre la destination Saint-Louis, mais apporte une modique contribution qui, pour certains membres de Saint-Louis jazz, est donnée par la main droite puis retirée par la gauche en taxes à payer.
Ensuite, l’Etat aussi de son côté n’a jamais suffisamment soutenu financièrement l’organisation du festival qui, pourtant, occupe une place de choix dans l’agenda culture national et international. En effet, le ministère de la Culture, bras technique de l’Etat, a généralement contribué en nature en mettant à la disposition des organisateurs la grande scène du Fesman et du matériel musical. D’habitude la présidence de la République apporte aussi son soutien, mais qui n’a jamais dépassé la dizaine ou la quinzaine de millions. Toutes choses qui font que généralement c’est dans la douleur que le Festival de jazz de Saint-Louis est organisé par une association composée essentiellement d’amateurs au départ et qui, même si au fil du temps ont acquis de l’expérience sur le terrain, sont encore incapables de lui donner une assise financière fiable en mobilisant de grands sponsors. La question que tout le monde se pose d’ailleurs est celle de savoir : «Que serait devenu Saint-Louis jazz sans la Bicis ?» Une question qui doit trouver rapidement une bonne réponse, car il n’est pas exclu que la banque française, pour une raison ou pour une autre, se retire un de ces jours.
cndiongue@lequotidien.sn

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