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Le budget de la commune de Touba Mosquée pour l’exercice 2018 a été arrêté à 4 milliards 240 millions 200 mille contre 4 milliards 166 millions 821 mille 549 francs Cfa en 2017, soit une légère hausse de 73 millions 378 mille 451 francs Cfa. Le fonctionnement se taille la part du lion avec 2 milliards 640 millions 200 mille, soit 62,27% des recettes globales. L’inves­tissement représente 1 milliard 600 millions, soit 37,73%. Au niveau de cette municipalité, le recouvrement des taxes constitue le tendon d’Achille. Certains conseillers souhaitent l’érection de la commune en ville et son découpage en arrondissements.

Le recouvrement des taxes municipales demeure un très grand souci pour les autorités municipales de la commune de Touba Mosquée. Tous les scénarii qui ont été jusqu’ici mis en place sont infructueux. D’ailleurs en 2017, renseigne le représentant du Trésor, «seul 1,3 milliard ont été recouvrés sur un budget de 4 milliards 166 millions 821 mille 549 francs». Cela, souligne le maire Abdoul Ahad Ka, «malgré le recrutement de 40 personnes mises à la disposition du percepteur pour pallier le déficit de recouvrement». A ce propos, «les prévisions budgétaires sont en deçà de nos attentes. La ressource existe à Touba, mais tous ceux qui doivent contribuer ne le font pas. Pour atteindre notre objectif, le recouvrement doit être total et toucher toutes les couches de la population. Le recouvrement des taxes, c’est un grand souci. Les niches de recettes sont infructueuses, les populations ne s’acquittent ni des taxes ni des impôts. Alors, comment réaliser ce budget tout en sachant que Touba peut prétendre à beaucoup plus» ? A ce jour, il a été dénombré que 11 mille 500 taxis ne paient pas les redevances à la municipalité. Sur ce manquement, le maire invoque l’absence d’un «service spécifique de recouvrement au sein de la commune qui est indispensable». «Mor Fall, ancien directeur national du Budget, et d’autres experts, ainsi que des spécialistes des Impôts et domaines ont été commis. L’équipe de Mor Fall est en train de travailler avec nous sur ce sujet pour la mise en place de ce service de recouvrement et éviter les amalgames entre les autorités de Touba et le percepteur», ajoute le maire. Pour un recouvrement optimum des recettes, Abdoul Ahad Ka renseigne : «Des cabinets d’experts agréés seront associés à notre démarche pour nous permettre de recouvrer le budget. Le potentiel existe à Touba, mais nous allons échangés sur les stratégies à mettre en place.»

Education et éclairage public, les priorités
Revenant sur les priorités de ce présent budget, le maire fait savoir qu’il sera axé sur l’éducation et l’éclairage public pour renforcer la sécurité. L’éclairage public représente 8,52% des dépenses de fonctionnement, l’éducation 225 millions de francs Cfa. Ce secteur est aussi problématique. Abdoul Ahad Ka note à ce propos «qu’elle constitue un très grand problème au niveaude Touba». Il explique : «Nous avons des milliers d’élèves qui fréquentent des établissements à Mbacké Bagnathie, Touba Belel etc. pour défaut d’établissement à l’intérieur de la ville de Touba. Toutefois, il y a des villages en dehors de ce périmètre sacré où on peut mettre des écoles, notamment à Kaïré Mbaye, où l’effectif des établissements scolaires quintuple la population locale. Et le transport de ces élèves pose aussi beaucoup de problèmes. A cet effet, il y a une commission qui est à la réflexion, avec les autorités, sur ces questions d’éducation et d’enseignement pour voir comment faciliter à ces milliers d’enfants l’accès à l’enseignement. C’est indispensable, la ville pourra disposer de suffisamment de cadres pour mener son développement à terme. En tant que commune, nous ne pouvons construire des écoles si nous n’avons pas l’aval du khalife général. N’oubliez pas que Touba reste un titre foncier et compte tenu de sa spécificité, elle, est sous l’autorité suprême du khalife général qui détient le dernier mot. Des daaras modernes sont en train d’être construits. Il faudrait que les enseignements qui y sont dispensés puissent rencontrer l’assentiment des autorités religieuses. A ce propos, un séminaire d’une dizaine de jours a été organisé pour travailler sur la question et les conclusions sont là et nous les partagerons avec les autorités religieuses afin que cette question de l’éducation puisse être traitée de manière à répondre à l’aspiration des populations de Touba.»
Lors du vote de ce budget, certains intervenants ont émis le souhait de voir la commune de Touba être érigée en ville avec une création de communes d’arrondissement.
 badiallo@lequotidien.sn

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