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Le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) recommande la mise en place d’un processus de certification des différents budgets ministériels, afin de pouvoir s’assurer de la prise en charge de l’aspect genre. Cette recommandation fait suite à un constat de plusieurs contraintes dans l’application d’une budgétisation sensible au genre au Sénégal. Des failles liées à l’absence d’outils opérationnels, de données, mais aussi de vide juridique.

La budgétisation sensible au genre (Bsg) souffre de défaillances qui limitent l’apport des femmes dans la promotion de la croissance économique.
Ce constat est fait par le Consortium pour la recherche économique et sociale (Crès) du Sénégal et Advocates for development and environnement (Acode) de l’Ouganda qui ont mené une étude qui a mis le focus sur les contraintes liées à l’intégration du genre dans le processus de planification budgétaire.
Selon les résultats de l’étude menée au cours de ces onze derniers mois, les nombreux efforts consentis au Sénégal en matière de budgétisation sensible au genre n’ont pas suffi pour permettre aux hommes et aux femmes de bénéficier de façon équitable des ressources publiques.
«Malgré la volonté politique de corriger ces inégalités, le Sénégal ne dispose pas encore d’instruments appropriés et l’on ne sait pas encore où intervenir pour que le processus d’élaboration de la loi des finances du pays intègre de façon explicite cette question d’inégalité de genre», a déclaré hier Pr Abdoulaye Diagne, Directeur exécutif du Cres.
L’étude a identifié un vide juridique, des contraintes liées aux outils opérationnels, des con­traintes de données relatives aux politiques sectorielles sensibles au genre, tout au long du processus d’élaboration des budgets au Sénégal. Prenant en exemple la loi des finances organique, le Directeur exécutif du Cres constatera que sur beaucoup de points, notamment les documents à produire obligatoirement et à présenter au Parle­ment, «il n’est pas fait mention de l’obligation d’avoir de manière spécifique des documents sur la Bsg, la prise en compte explicite de cette dimension». Alors que «s’il n’y a pas une obligation de le faire, les services chargés de produire ces documents ne le feront pas», estime-t-il.

Nécessité d’une certification des budgets
L’étude a traité toutes les étapes du processus d’élaboration, les rôles des différents acteurs, mais aussi les instruments, afin de voir les réformes et les changements à opérer pour la Bsg soit une réalité au Sénégal.
Les résultats de travaux sur la Bsg menés par Acode (Ouganda) partagés hier ont révélé que sur certains points, l’Ouganda a fait des progrès, notamment dans le processus de certification des budgets. D’où la recommandation de Abdoulaye Diagne, Directeur exécutif du Cres pour le Sénégal, de mettre en place un processus de certification des budgets, afin de s’assurer qu’il y a une prise en compte effective de la dimension genre.
ksonko@lequotidien.sn

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