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Sa déclaration était très attendue. Le président de la Fédération sénégalaise de football, Me Augustin Senghor, a finalement parlé en révélant les vraies raisons de sa candidature à la présidence de la Caf.

LES RAISONS DE SA CANDIDATURE
«Je confirme ce jour que ma candidature au poste de président de la Caf a été effectivement déposée au Caire et me permet de pouvoir annoncer, sous réserve du résultat du contrôle d’éligibilité exercé par les organes compétentes, que je suis candidat pour diriger la Caf dans les 4 prochaines années menant à l’horizon 2025. Cette décision est la conséquence d’une conjonction de différents facteurs. Tout d’abord, un grand nombre de présidents de Fédération m’ont sollicité avec beaucoup d’insistance durant les jours précédant cette date limite du 12 novembre, pour que je porte ma candidature au plus haut poste de l’instance dirigeante du football continental. Je dois dire que je n’ai pas été insensible à cette marque de considération et de confiance de mes pairs africains. Il est bon de rappeler que bien avant cela, il est souvent arrivé que des acteurs du football africain me suggèrent d’envisager et de me préparer à une telle candidature.
Le contexte actuel au sein de l’institution aidant, les sollicitations se sont multipliées et sont devenues plus pressantes au fur et à mesure que le terme du délai de dépôt des candidatures se rapprochait. Lors de notre dernière réunion en date du 5 novembre, les membres du Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football m’ont fortement recommandé de postuler à la fonction suprême de président de la Caf si l’opportunité se présentait. J’exprime donc toute ma gratitude aux membres du Comité exécutif. C’est le même sentiment que j’éprouve pour les nombreuses fédérations sœurs du continent qui m’ont sollicité pour cette candidature.
Consultées, les plus hautes autorités de mon pays, le Sénégal, m’ont aussi donné leur feu vert. J’adresse à ce propos mes sincères remerciements à son Excellence le Président Macky Sall et à Monsieur Matar Ba, ministre des Sports, pour leur soutien hautement apprécié. Ainsi, ai-je finalement décidé de me porter candidat à la présidence de la Caf avec la ferme conviction que je suis en mesure de répondre aux fortes attentes placées en moi.
Après une profonde remise en cause entamée à partir de 2017, après le départ du président Issa Hayatou et l’élection du président Ahmad à la tête de la Caf, fort de mes compétences, de mon expérience et de mon engagement, mais plus que jamais armé de principes, de valeurs et d’éthique, j’ai décidé d’aller résolument sur le terrain où les différences positives et qualitatives se font en ayant la ferme résolution d’être de ceux par qui les grands bonds du football s’effectueront. Mieux, j’ai décidé d’endosser le marteau du leadership indispensable pour toute l’équipe qui se veut performante dans la durée.»

CANDIDATURE DE AHMAD
«Je confirme et réitère mon propos que j’ai eu à tenir à la presse. J’avais expliqué que pour trois raisons, si le président Ahmad était candidat, je ne le serais pas. La première, c’est la loyauté. J’avais dit qu’on ne peut pas être dans une équipe, travailler avec son président, il nous écoute, nous associe, qu’il veuille se représenter et qu’on se mette en face de lui. La deuxième raison, elle tient aussi à l’intérêt général. C’est le souci d’une certaine stabilité. Ces quatre dernières années ont été très difficiles. Il a fallu stabiliser la maison. Aujourd’hui que la Caf est en train de revenir au calme, si le président qui est en place et son équipe peuvent continuer, cela permettrait quelque part de réaliser le vœu de tous les Africains puisqu’en réalité, ce n’est pas forcément la personne qui dirige l’instance qui compte, c’est l’équipe qui est derrière elle et surtout le travail qui est fait à l’intérieur. C’est pour cela que j’estime que ce point-là était important. La troisième, à mon avis et qui tient à la deuxième, c’est la continuité. Il ne faut pas oublier, très souvent, on a reproché au président Hayatou sa durabilité à la tête de la Caf. Mais aussi on s’est rendu compte que c’est ainsi qu’il a pu faire des avancées à la Caf et réaliser beaucoup de choses. J’estimais aussi que le président Ahmad doit avoir cette chance, après avoir expérimenté un premier mandat, de pouvoir continuer à œuvrer pour le développement harmonieux du football africain. Ce sont ces raisons qui ont fait que j’ai décidé de me présenter. Maintenant, qu’est-ce qui a changé ? Ce sont les difficultés que traverse la Caf. Gouverner c’est intégrer le risque. Aujourd’hui, il y a une procédure qui est pendante devant la Commission d’éthique de la Fifa et qui concerne notre président en activité. Après échanges et concertations avec les membres du Comité exécutif, avec le président Ahmad lui-même, il s’est avéré qu’il était nécessaire qu’on prenne le minimum de précautions face à des risques. Et mes pairs ont considéré que j’étais l’homme de la situation, aussi bien pour gagner les élections que pour pouvoir continuer le redressement de la Caf qui est en cours et qui est loin d’être achevé.»

SES ADVERSAIRES
«Sur les cinq, les trois sont originaires de l’Afrique de l’Ouest. Ce sont des voisins, je dirai même des frères pour certains. Si je cite Jacques Anouma, on a cheminé ensemble. C’est notre aîné. L’autre (président de la Fédé mauritanienne), c’est un jeune frère. J’ai été mandaté par la Fifa ou la Caf pour superviser son élection. Il en a fait de même. Nous sommes presque des frères. Ma perception de ces candidatures, c’est peut-être la réponse à un besoin. Nous sommes des adversaires sur le terrain, mais pas des ennemis. Mais aujourd’hui, je peux vous dire que nous avons gardé le contact. Les élections, c’est aussi de la stratégie. Mais j’estime humblement, de par mon cursus, mon vécu, mon expérience, être celui qui peut fédérer beaucoup d’associations nationales autour de la table. Concernant le candidat anglophone, il n’a pas de grandes expériences et de vécu du management du haut niveau, des affaires du football. C’est la candidature surprise et je m’inquiète pour lui parce qu’à chaque fois qu’on fait référence à lui, on dit le milliardaire. Il ne s’agit pas d’une course aux milliards, il s’agit de gérer, d’organiser et de développer l’une des activités les plus prisées dans le monde et en Afrique, c’est le football. C’est important d’avoir les moyens certes pour une campagne. Ce que nous attendons, ce n’est pas quelqu’un qui gagne une élection, mais quelqu’un qui gère et redresse notre maison Caf.»

STRATEGIE DE CAMPAGNE
«Dans les prochaines semaines, vous pourrez prendre connaissance des principaux axes de mon programme ambitieux et innovant pour la Caf qui s’articule sur le credo : «Ensemble pour un football africain uni, plus performant et plus attractif». C’est de tout cela que manque, à mon humble avis, notre organisation. Par ensemble, j’entends des dirigeants, acteurs et animateurs africains, mais également les partenaires, en particulier la Fifa qui, sous le magistère du président Gianni Infantino, a fait de l’Afrique une priorité dans la déclinaison de ses différents programmes de développement du football à travers le monde. Rien ne sera négligé pour qu’en mars prochain, à Rabat, la Caf puisse reprendre un nouvel élan avec une nouvelle équipe motivée, compétente et volontariste autour de ma personne.»

MOYENS DE CAMPAGNE
«Je pense que le Sénégalais a toujours été capable de faire preuve d’ingéniosité, de solidarité, pour à chaque fois atteindre son objectif. Nous nous donnerons les moyens les plus légaux possibles pour mobiliser les fonds nécessaires pour aller en campagne. J’avais dit que si je n’ai pas le soutien des plus hautes autorités de mon pays, je ne déposerai pas. Là j’ai des garanties et l’accord des autorités de l’Etat du Sénégal.»

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