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Le très médiatique Alioune Ndao ne peut se détourner des micros à lui tendus. Face à l’affaire Khalifa Sall traitée de manière «accélérée», l’Avocat général près la Cour d’appel donne une opinion différente celle des avocats du maire de Dakar qui soupçonnent une manœuvre pour l’empêcher de se présenter à la Présidentielle de 2019 : «Il n’y a aucune célérité excessive dans le traitement de cette affaire.» Pour l’ancien Procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), «ce dossier de justice suit normalement sa voie. C’est un dossier de justice et un dossier de justice suit son temps, qu’il soit traité rapidement ou non». Selon lui, cette affaire ne revêt aucune particularité malgré les soupçons de politisation l’escortant agités par les partisans du député socialiste dont le procès en appel a été fixé au 9 juillet prochain. Il dit : «C’est un dossier comme tous les autres. Cependant, je ne connais pas ce qu’il y a dedans.» Il a fait cette déclaration lors de la cérémonie de prestation des con­seillers consulaires hier au Palais de justice de Dakar où il a ses aises.

««Je ne suis pas un magistrat instrumentalisé…»
Il est loin de l’époque de la Crei où il a été défenestré de manière spectaculaire. Son passage dans cette juridiction controversée figurera à jamais dans son Cv de parquetier. Même si avec le temps, il semble avoir digéré son limogeage en pleine audience. Interpellé sur son départ de la Crei, l’Avocat général n’a aucun ressentiment et garde le cap. «Je n’ai pas de regrets. Je suis un magistrat. Je continue d’être un magistrat. Aucun regret», martèle-t-il. A la question de savoir comment cette structure créée dans le but de lutter contre les biens mal acquis fonctionne présentement, l’ancien Procureur spécial donne sa langue au chat. «Il faut demander à ceux qui sont là-bas. J’ai tourné la page de la Crei. Je ne sais pas ce qui se passe là-bas», a-t-il sèchement répondu. Selon l’Avocat général, qui prenait hier ses réquisitions lors de la cérémonie de prestation de serment des conseillers consulaires de la Chambre de commerce d’appel de la Cour d’appel, c’était un moment de sa carrière qu’il assume. «J’ai estimé que j’ai fait mon travail conformément à la loi», précise-t-il. Ce n’est pas le seul sujet auquel il a été invité à se prononcer : à savoir le manque d’indépendance de la justice décrié par certains magistrats à l’image de Ibrahima Hamidou Dème qui a démissionné de la magistrature. «J’estime que je ne suis pas instrumentalisé et qu’il y a d’autres collègues qui ne sont pas instrumentalisés. Je ne me sens pas instrumentalisé», dit-il.

justin@lequotidien.sn

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