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«Il n’existe pas de fonds politiques dans ce pays.» Bar­thé­lemy Dias, qui était resté sage depuis le début des questions d’actualité, n’a pu encaisser cette phrase du Premier ministre. «Objection, monsieur le président !», crie le proche de Khalifa Sall. La réponse de Mous­­tapha Niasse ne s’est pas fait attendre. «Vous n’avez pas la parole, cher collègue. Vous ne pouvez pas intervenir. Vous violez le Règle­ment intérieur. Pour prendre la parole, on la demande. De­mandez-la parole ! Asso­yez-vous, je vous en pris. Au nom de tous les députés, je vous demande de vous asseoir», insiste-t-il. Ce sera sans compter avec un Barth’ furieux qui continue de rouspéter dans son coin.
Un dialogue de sourds s’installe entre le maire de Mermoz-Sacré Cœur et le président de l’Assemblée. Dans la foulée, d’autres députés se mêlent à la danse. Un brouhaha règne dans l’Hémicycle. Barthélemy revient à la charge. «Vous n’avez pas le droit de juger le maire de Dakar. Je m’excuse, s’il vous plaît, ne jugez pas le maire de Dakar ici. Ce n’est pas le Tribunal, je vous remercie», ajoute-t-il. Devant l’insistance de M. Dias de prendre la parole coûte que coûte, Moustapha Niass, impuissant, rappelle : «La police des débats est assurée par le Règlement intérieur. Et vous venez de commettre une faute. Si je vous applique les articles du Règlement intérieur, vous quittez la salle. Je ne vais pas vous les appliquer. Taisez-vous et laissez le Premier ministre parler.» Le député socialiste quitte l’Hémicycle avant de faire face à la presse dans les coulisses de l’Assemblée nationale. Il sera suivi par Aminata Diallo, autre proche de Khalifa Sall. Dias-fils laisse derrière lui un Premier ministre perturbé, qui cherche les mots pour se reprendre. A la fin des travaux, Moustapha Niasse revient sur l’incident pour avertir en wolof : «Quiconque s’agite me trouvera ici !»
msakine@lequotidien.sn

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