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La récente sortie médiatique de Youssou Ndour, leader du mouvement «Fékké ma thi bollé», critiquant les règles de fonctionnement au sein de Benno bokk yaakaar, n’a pas fini d’installer la polémique au-delà même de la coalition gouvernementale. Certainement, il ne manquera pas de Cassandres pour croire que la sortie du roi du mbalax est dirigée contre le Président Macky Sall, président de l’Alliance pour la République. Une erreur d’interprétation dont devrait se passer tout esprit lucide et conséquent. En réalité, le roi du mbalax n’a fait que profiter de son statut de plénipotentiaire de Benno pour inviter les états-majors politiques de cette coalition à s’engager dans la voie du dialogue sincère pour trouver une sortie honorable à l’impasse actuelle que la coalition gouvernementale traverse.
Faut-il le rappeler, avant que la mémoire ne se fossilise, les conditions d’émergence de Benno bokk yaakaar trouvent leurs sources dans la conscience des leaders de l’opposition d’alors que l’union était la condition minimale pouvant permettre une alternative à l’alternance wadienne. Ce principe reste encore de rigueur. Les pratiques d’ostracisme et d’exclusion dénoncées par Youssou Ndour au sein de Benno et fondamentalement au sein de l’Apr sont d’autant plus vraies et inconcevables qu’il s’agit d’une coalition et d’un parti dont le patron, en l’occurrence Macky Sall, est réputé jouir d’un esprit d’ouverture sans pareil sur la scène politique. Le Président Sall a tout donné à ses alliés, en appliquant au pied de la lettre le principe du «gagner ensemble, gouverner ensemble». Sous ce rapport, traiter Youssou Ndour de maître chanteur ou tenter de le diaboliser sera la pire maladresse. C’est un homme avec qui nous devons établir des rapports basés sur les principes du respect et de la considération. Il a le droit de s’indigner.
On a l’impression que depuis 6 ans, il y a des responsables de Benno qui, au lieu de songer à accompagner intelligemment l’action du Président Macky Sall, préfèrent se livrer à des joutes stériles dans l’espoir de parfaire leur propre destin politique. Voilà ce qui explique en partie l’asthénie et la déception qui animent certains militants. Nous avons la faiblesse de croire que Youssou Ndour a d’autant plus raison que la source de tous les problèmes de Benno, c’est cette morbide tendance à ne sublimer que ce qui est complaisant à son égard et à rejeter systématiquement toute note dissonante. Ce serait vraiment une méprise que de penser de la sorte. Il faut savoir que les organisations politiques ont pour fondement et pour levier la liberté : pour maintenir Benno dans une unité organique, il faut accepter de payer le tribut de la liberté.  Payer le prix de la liberté, c’est à la fois accepter de faire des concessions au profit de ses alliés et disposer son parti à se défaire de certains principes et valeurs qui ne cadrent pas avec la dynamique unitaire dont le Président Macky nous invite à faire un viatique.
En effet, s’il est clair que la diversité des partis de la coalition, notamment dans leurs itinéraires historiques, rend difficile la construction d’une unité partagée par tous, toujours est-il que dans le contexte actuel, seules les stratégies d’élargissement sont gagnantes. Nous sommes à quelques mois de l’élection présidentielle et l’heure doit être à l’unité de toutes les forces de Benno autour du Président Macky Sall. A ce titre, la phrase de Amadou Makhtar Mbow, qui figure en épitaphe, garde toute sa pertinence et est au cœur de la consolidation de notre coalition : «L’unité ne peut avoir comme socles que la vérité et la sincérité.»
Pape KHOUMA
Responsable politique Apr/ Parcelles Assainies
Conseiller Spécial/ Primature

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