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A deux mois des élections de représentativité syndicale, la Cnts/Fc fait le tour du pays pour sensibiliser les travailleurs et aussi attirer l’attention de l’Etat sur la situation des entreprises en difficulté.

La Confédération nationale des travailleurs du Sénégal­/Forces du changement (Cnts/­Fc) se prépare aux élections de représentativité syndicales. Son Secrétaire général conduit une mission à travers le pays. Cheikh Diop et ses camarades ne sont pas contents du rang qu’ils avaient occupé lors des dernières élections. A Diourbel, il est revenu sur les combats menés par sa centrale pour améliorer les con­ditions de vie des travailleurs. Il dit : «Nous avons entamé des combats, conceptualisé des grands combats pour la rectification des mauvaises politiques de privatisation et pour la re­lance des entreprises et secteurs en difficulté. Dans ce concept, vous avez la Sonacos avec Abbas Jaber, Transrail aussi avec Abbas Jaber. La Sar, les Ics, Air Sénégal international, entre autres. Nous nous sommes justement battus pour que l’Etat prenne ses responsabilités et rectifie ses mauvaises politiques de privatisation, reprenne ces entreprises phare de notre société, de notre économie pour les re-privatiser avec justement une transition.» Que faire ? «Cette transition-là doit prendre en compte une vision claire pour la privatisation. Nous avons aujourd’hui une reprise de la Sonacos, de Transrail. Nous attendons justement que ces entreprises soient relancées correctement. En ce qui concerne les Ics, l’Etat a pu trouver un repreneur qui accepte d’investir plus de 75 millions de dollars, ce sont des centaines de milliards en francs Cfa. Les Ics sont en train d’être relancées effectivement», avance-t-il.
A l’usine de la Sonacos de Diourbel où les activités ont repris avec une contractualisation de 115 personnes, Cheikh Diop demande des moyens conséquents pour permettre à cette entreprise de fonctionner à plein régime.  «Aujourd’hui nous avons rencontré la direction de l’usine de la Sonacos. Nous avons échangé avec elle  sur l’objet de notre rencontre, mais aussi nous l’avons félicitée pour cette relance qui est en train de prendre son envol. Mais, nous nous sommes également préoccupés par la campagne arachidière. Celle-ci aussi ne s’est pas bien déroulée pour les huiliers du Sénégal. Il est important aussi de dire à l’Etat de mieux organiser la campagne arachidière pour que les producteurs, qui constituent un maillon important de la production agricole, s’y retrouvent. Egale­ment que les huiliers puissent s’y retrouver avant d’exporter le produit. Je pense qu’il ne serait pas trop de demander à l’Etat de lui dire qu’il faut satisfaire le besoin local en matière d’huilerie avant d’exporter. Même les Etats-Unis protègent leurs industries. Il est important que nos industries, les huiliers dans la campagne agricole soient pris en compte.» Il ajoute : «L’Etat a repris les entreprises de la Sonacos et de Transrail des mains de Abbas Jaber. Il doit assurer une transition qui doit aboutir à une nouvelle reprivatisation. Il faut véritablement attendre les grands investissements du nouveau repreneur. Je pense que le cahier des charges sera élaboré, le nouveau repreneur ne fera pas comme le cahier des charges qui a été élaboré pour Abbas Jaber. C’est ce cahier des charges qui nous incite à mener le combat.» Malgré la reprise de l’entreprise, le Se­crétaire général de la Cnts/Fc  a expliqué le schéma établi pour vendre à l’époque la boite à Jaber. «L’Etat ne peut pas accepter de vendre la Sonacos à 5 milliards à un repreneur, procéder à une restructuration prise en charge par l’Etat à hauteur de 4 milliards, lui vendre ça à 5 milliards. Pendant ce temps, le patrimoine immobilier et foncier pesait plus de 100 milliards. C’est pourquoi nous nous sommes battus pour qu’elle soit recorrigée. Aujourd’hui, elle est corrigée nous pensons que les mêmes erreurs ne seront pas reconduites. Il nous faut une transition correcte, il nous faut un cahier des charges qui res­pecte les normes, qui relance l’industrialisation de la Sonacos, un cahier des charges qui relance l’investissement et l’emploi», espère M. Diop.
badiallo@lequotidien.sn

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