PARTAGER

Les rapports des organisations de défense des droits de l’Homme continuent d’être accablants pour le régime de Jammeh. Le dernier rendu public par Human Rights Watch montre que «la répression de l’opposition politique par le Gouvernement gambien au cours des mois précédant l’élection présidentielle du 1er  décembre 2016 menace l’équité même du scrutin».

Par Dieynaba KANE – L’équité de l’élection présidentielle en Gambie prévue le 1er décembre prochain est menacée par la répression de l’opposition par le Gouvernement. C’est la conviction de Human Rights Watch. Cette organisation de défense des droits Humains qui a publié un rapport intitulé : «More Fear Than Fair: Gam­bia’s 2016 Presidential Election (Plus effrayante qu’équitable: L’élection présidentielle en Gambie)», dénonce le fait que le Président Jammeh utilise «la répression de l’opposition, l’hégémonie des médias d’Etat, l’utilisation des ressources de l’Etat pour faire campagne» afin de s’octroyer «un avantage politique dans cette élection». «Les autorités ont menacé, arrêté arbitrairement, emprisonné, et torturé des membres de partis politiques d’opposition. Depuis avril, plus de 90 militants de l’opposition ont été arrêtés pour avoir participé à des manifestations pacifiques, et 30 d’entre eux condamnés à des peines de prison de trois ans. Deux militants de l’opposition sont morts en détention», a-t-on rappelé dans le document. D’après Babatunde Olugboji, directeur adjoint du bureau des programmes à Human Rights Watch, «le Gouvernement Jammeh a menacé, battu et torturé des membres de l’opposition simplement parce qu’ils ont exercé leurs droits fondamentaux». A l’en croire, ceci «n’aboutira qu’à éloigner la perspective d’une élection juste». Dans son rapport, Human Right Watch souligne qu’au «cours des 22 dernières années, le Président Jammeh et les forces de sécurité gambiennes ont fait des disparitions forcées, de la torture, de l’intimidation et des arrestations arbitraires, les moyens de réprimer la dissidence et de se maintenir au pouvoir». «Ces tactiques se répètent cette année à l’approche du scrutin», a-t-on fait savoir.
Outre la répression, les opposants au régime de Jammeh ont été aussi restreints «par la durée officielle, d’à peine deux semaines, de la campagne électorale, la seule période pendant laquelle ils reçoivent une couverture significative à la radio et à la télévision d’Etat».  Dans la même veine, cette organisation de défense des droits de l’Homme dénonce aussi l’utilisation des ressources de l’Etat par le parti du Président Jammeh pour faire sa campagne. «Le Président Jammeh et l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (Aprc) ont par ailleurs régulièrement puisé dans les ressources de l’Etat pour faire campagne, y compris en bénéficiant de véhicules et de locaux gouvernementaux, et mobilisé des fonctionnaires et des membres des forces de sécurité pour le compte de la réélection de Jammeh», a-t-on révélé.
Très remonté contre la violation des droits et libertés dans ce pays, Human Rights Watch exige du Gouvernement gambien, la remise «en liberté de tous les manifestants pacifiques», l’ouverture d’une «enquête transparente et impartiale sur les décès de membres de l’opposition en garde à vue». De même, il est aussi exigé de «ménager aux partis d’opposition un accès aux médias contrôlés par l’Etat en dehors du cadre de la campagne officielle», et au pouvoir de «cesser d’utiliser les ressources de l’Etat pour faire campagne». «Il devrait également veiller au respect, par les forces de sécurité, des droits de l’opposition de faire campagne librement et pacifiquement en l’absence de harcèlement ou d’arrestation», a-t-on ajouté.

Human Rights Watch exige des sanctions contre Banjul
Apparemment persuadé que cet appel ne sera pas entendu par les autorités gambiennes, Babatunde Olugboji soutient que «les bailleurs de fonds internationaux de la Gambie devraient imposer des sanctions ciblées aux hauts fonctionnaires impliqués dans ces abus». «Les bailleurs de fonds internationaux les plus importants de la Gambie devraient fixer au Gouvernement des critères clairs avant l’élection. Si elle échouait à les respecter, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) devrait alors suspendre la Gambie de ses organes décisionnaires, et les Etats-Unis et l’Union européenne imposer des interdictions de voyager, des gels des avoirs et autres sanctions ciblées aux hauts fonctionnaires impliqués dans des violations des droits de l’Homme», a-t-on demandé.

dkane@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here