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Elle est jeune, belle, mais elle a le cœur sur la main. Miss Matam 2014 a l’activisme chevillé au corps. A la tête de l’Association «Sénégal dans la peau (Asp)», Fatimata Guèye s’est engagée depuis quelques mois dans la lutte contre la dépigmentation. Elle prépare activement le lancement de l’association prévu les 19 et 20 octobre prochain.

La valeur n’attend point le nombre d’années. Ce n’est pas la toute jeune Miss de la région de Matam en 2014 qui viendra démentir cet adage. La jeune fille qui vient de remporter cette année l’écharpe de 1ère dauphine de Reine Black authentique d’Ismod, après avoir été finaliste de Miss Labado en 2017, a vite fait de remplacer cette écharpe par une autre, celle d’activiste humanitaire. A la tête de son association «Sénégal dans la peau (Asp)», elle compte lutter contre la dépigmentation. «On a dit dans internet que le Sénégal est le deuxième pays derrière le Congo où les femmes utilisent le plus la dépigmentation.» Suf­fisant pour que la Miss, à la noirceur d’ébène, choisisse d’en faire son combat. «La dépigmentation volontaire de la peau est un enjeu majeur de santé publi­que», soutient-elle. Au­jourd’hui, Fatimata Guèye n’économise ni son temps ni son énergie pour faire entendre sa voix. C’est ainsi que pour le lancement des activités de l’association, elle et son équipe prévoient d’organiser un grand dîner de gala les 19 et 20 octobre prochain au Terrou Bi. Une semaine avant, elle fera face à la presse.
Plusieurs évènements vont accompagner ce lancement. «Nous allons organiser un salon du bio pour faire découvrir tous ces jeunes qui mettent au point des produits de beauté bio et montrer à celles qui veulent abandonner la dépigmentation qu’il y a des alternatives», souligne Mme Guèye. En outre, un des moments phare de l’évènement, ce sera un défilé de mode où ne défileront que des mannequins de teint naturel. «Nous aurons de grands noms de la mode et l’objectif, c’est de promouvoir la beauté de la femme noire avec des mannequins au teint d’ébène», informe la miss reconvertie dans la mode.
Cette soirée de gala marquera le démarrage des activités de l’Association «Sénégal dans la peau» et lancera la grande campagne de sensibilisation contre la dépigmentation. «Celles qui se dépigmentent sont déjà grandes. Ce que nous voulons, c’est aller vers les plus jeunes, aller vers les élèves des lycées et collèges pour les sensibiliser. Ce sont ces filles qui seront les adultes de demain. Donc, nous allons leur donner toutes les informations pour leur permettre de prendre les bonnes décisions.» Les hôpitaux, les travailleurs, l’université et les mairies, aucune entité ne sera épargnée, confie-t-elle. «La dépigmentation a des conséquences graves sur la santé. Il y a des femmes qui ne peuvent même pas se faire opérer parce que leur peau a été fragilisée par les produits dépigmentant», se désole-t-elle.

Restaurer les peaux abimées
«J’ai une équipe derrière moi, des dermatologues, des pharmaciens aussi qui m’accompagnent dans mes activités. Je travaille aussi avec le Dr Marie Diallo qui a développé des produits totalement bio pour la peau. Avec elle, nous essayons d’aider les personnes qui en ont le plus besoin. Nous voulons les aider à réparer les conséquences de la dépigmentation sur leur peau, et par la suite en faire des ambassadrices et des relais pour la sensibilisation», expli­que Mme Guèye. Une caravane de sensibilisation prendra ensuite le relais pour sillonner le pays. «L’Asp va sillonner tout le pays en commençant par Dakar. On va même faire des randonnées Zéro déchet dans toutes les communes du pays.» Un vaste programme, mais qui n’effraie pas l’activiste.
Qu’est-ce qui explique tout cet engagement pour une aussi jeune fille ? Sans doute, la réponse se trouve dans les périphéries de la vie de Fatimata Guèye. Ayant été contrainte d’abonner les études faute de moyens, la vie n’a pas été tendre avec elle. Mais le cœur sur la main, Fatimata essaie d’éviter aux autres jeunes de traverser les mêmes écueils qu’elle. Raison pour laquelle, au tout début de son activisme, elle a organisé chaque année des dons de fournitures en faveur des élèves de son village. «Je ne suis certes pas riche, mais tout ce que j’ai, je souhaite le partager avec les autres parce que je ne supporte pas de voir souffrir quelqu’un», confie-t-elle comme une profession de foi. A quelques jours du lancement, Fatimata continue de frapper à toutes les portes pour boucler son budget de 14 millions de francs Cfa.

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