PARTAGER

Le gouvernement compte appliquer et même renforcer dans «toute sa rigueur» la loi sur l’utilisation des déchets plastiques, qui date de 2015.

Malgré la Loi 2015-19 du 4 mai 2015 relative à la production, à l’importation, à la détention, à la distribution, à l’utilisation de sachets plastiques, cette matière continue d’être omniprésente dans la société avec son lot de dangers. Entrée en application depuis janvier 2016, cette loi n’a depuis produit l’effet escompté. Ministre de l’Environnement et du développement durable depuis avril dernier, Abdou Karim Sall a lancé hier la politique de tolérance zéro à l’encontre des pollueurs en déchets plastiques. «Cette loi sera appliquée dans toute sa rigueur et fera l’objet sous peu d’une révision pour étendre son champ d’application. On va renforcer, par la même occasion, les sanctions prévues», a-t-il prévenu lors du lancement de la campagne nationale pour «combattre la pollution plastique».
Dans la région de Dakar, les estimations du ministère de l’Environnement chiffrent à 1500 tonnes le potentiel journalier en production de déchets solides urbains. Ce qui donne, d’après M. Sall, «un tonnage de 99 700 tonnes par an dont les emballages plastiques représentent 78%».
Le ministre note également une augmentation relative de près de 15% des déchets plastiques, en 15 ans, due à notre mode de consommation. Les impacts sanitaires liés aux déchets plastiques ne sont nullement négligeables. Le brulage des sachets plastiques dont la matière première est d’origine fossile, comme la combustion du bois et du pétrole, entraîne la production de polluants organiques persistants (dioxine et furane) qui provoquent le cancer, l’irritation des yeux et des maladies cardiovasculaires et respiratoires. De plus, les sachets plastiques servent de poches de prolifération des vecteurs de maladies, les moustiques en particulier.
Sur le plan écologique, les sachets plastiques sont à l’origine d’une importante source de pollution visuelle du sol, de l’environnement des caniveaux et des égouts concourant ainsi à la récurrence des inondations. En milieu rural, ils sont à l’origine de la dégradation des terres de culture, de la diminution des espaces agricoles et du coefficient d’infiltration du sol ainsi que de la baisse du rendement agricole.
L’action néfaste de déchets plastiques se manifeste également à l’égard des animaux, car un grand nombre d’entre eux meurt en essayant de les ingurgiter. Raison pour laquelle, le ministre de l’Environnement est conscient que la lutte contre la prolifération des déchets plastiques «ne sera pas une tâche facile, si on voit la place qu’occupe le plastique dans notre société». Il a appelé à une mutualisation des efforts de l’Etat, des autorités religieuses, de la presse, des associations de protection de l’environnement, des leaders d’opinion, des industriels… La campagne «Com­battre la pollution plastique» avec comme slogan «tous ensemble pour combattre le péril plastique» va durer un mois.
bgdiop@lequotidien.sn 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here