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Non content d’avoir coupé au montage le passage où la comédienne Annabelle Lengronne évoquait Assa Traoré comme figure inspirante de femme militante dans une émission, la chaîne Canal+ Afrique enfonce le clou. Le directeur des Programmes de la chaîne, auteur de ces faits, renvoie les Africains à leurs propres affaires. «Assa Traoré est un sujet franco-français et n’avait aucun rapport avec le cinéma ou notre public africain», a réagi le directeur des Programmes de la chaîne Fréderic Dezert.

Canal+ Afrique, la télévision du Groupe Bolloré, déroule depuis quelques années une véritable offensive de charme envers le public africain. Des séries réalisées sur le continent, des émissions, des enquêtes, des débats. Mais avec l’incident qui vient d’aboutir à la démission des 5 membres de l’équipe de Claire Diao, l’animatrice de l’émission «Ciné Le Mag», l’on en apprend un peu plus sur les pratiques en cours dans cette télévision où, semble-t-il, il est interdit aux Africains d’évoquer «des questions franco-françaises». L’épisode malheureux vécu par la comédienne Annabelle Len­gronne, Claire Diao et son équipe viennent lever le voile sur les barrières à ne pas franchir dans cette télé. Tout est parti d’un post de dénonciation de la comédienne sur sa page Face­book. Dans ce post, Annabelle Len­gronne déclare avoir subi une censure pour avoir cité Assa Traoré comme une figure féminine inspirante. «En tant qu’invitée, je répondais aux questions de Claire Diao jusqu’à ce qu’un homme fasse irruption sur le plateau, m’interrompe et au seul son de sa voix m’intime l’ordre de ne pas évoquer la personne que je venais de citer. Je ne faisais que répondre à la question suivante : ‘’Quelle femme noire est pour vous source d’inspiration ?’’ J’ai eu le malheur de répondre : Assa Traoré», raconte-t-elle. Quelques jours après, le tollé prenant de l’ampleur, des nouveaux détails surgissent. Et l’on apprend ainsi que l’auteur de cette interruption cavalière n’est personne d’autre que Frédéric Dezert, le directeur des Pro­grammes de la chaîne. Interpellé par la presse française sur cet épisode, il rejette toute idée de censure. Frédéric Dezert se justifie ainsi : «Assa Traoré est un sujet franco-français et n’avait aucun rapport avec le cinéma ou notre public africain. […] Ce n’est pas de la censure.»

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