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Manuel Valls a annoncé lundi soir qu’il était «candidat à la présidence de la République», avec la volonté de «réconcilier» la gauche, et qu’il quitterait dès mardi son poste de Premier ministre, quatre jours après le renoncement du chef de l’État à briguer un second mandat.
«Oui, je suis candidat à la présidence de la République», a annoncé Manuel Valls depuis la mairie d’Évry, son fief électoral dans l’Essonne, devant un public métissé à l’image de sa ville.
«J’ai cette force en moi, cette volonté de servir mon pays, c’est au-delà des mots, c’est une conviction totale, je veux tout donner pour la France», a-t-il ajouté.
«Ma candidature est celle de la réconciliation», «je veux rassembler» la gauche, a-t-il aussi lancé, derrière un pupitre sur lequel était écrit son tout nouveau slogan : «Faire gagner tout ce qui nous rassemble».
«Le sens de l’Etat me fait considérer que je ne peux plus être Premier ministre», a aussi dit le Premier ministre qui était arrivé au bras de son épouse Anne Gravoin.
Cette intervention avait été annoncée dès les premières heures de la journée, son entourage confirmant à l’Afp que Manuel Valls ferait bien part de sa candidature à la primaire initiée par le Ps, ce qui ne faisait plus de doute depuis l’annonce du Président.
Auparavant, le futur ex-Pre­mier ministre de 54 ans avait retrouvé François Hollande à l’Élysée à 13H00 pour le traditionnel déjeuner entre les deux têtes de l’exécutif, quatre jours après le renoncement présidentiel.

Avantage Cazeneuve et Le Foll
Parmi les noms circulant pour Matignon se trouvent ceux des ministres Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Stéphane Le Foll (Agriculture), Marisol Touraine (Santé), Michel Sapin (Finances) ou Najat Vallaud-Belkacem (Éducation). Le futur Premier ministre battra, avec un bail de cinq mois, le record du plus bref passage à Matignon, détenu par Édith Cresson avec dix mois entre 1991 et 1992.
Stéphane Le Foll a indiqué lundi matin qu’il ne dirait «pas non». Un conseiller d’un poids lourd gouvernemental tablait dimanche sur Bernard Caze­neuve, ne voyant «pas d’alternative». Une autre source gou­ver­nemen­tale ne voyait «que Caze­neu­ve ou Le Drian», avec un avan­tage au second qui pourrait plus facilement «cumuler» sa casquette actuelle avec Mati­gnon.
Sa liberté retrouvée, Manuel Valls s’attellera à entrer dans ses habits de candidat, avec le souci sans doute de continuer d’atténuer les aspects les plus clivants de son discours, et d’obtenir de nouveaux ralliements.
Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui a promis lundi d’être «im­par­tial», lui a conseillé «d’être sur une position nouvelle de rassemblement».
«Ce qu’on peut reprocher à Manuel Valls, c’est d’avoir théorisé les gauches irréconciliables.» Il lui sera donc «très difficile de rassembler l’ensemble des gauches», a jugé l’un de ses ex-ministres et concurrent, Arnaud Montebourg.
lepoint.fr

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