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56% des enfants nés aujourd’hui dans le monde seront privés de plus de la moitié de leurs revenus potentiels à l’âge adulte. Selon la Banque mondiale, cela sera possible parce que les Etats ne font pas les investissements nécessaires pour produire une population éduquée, résiliente et bien portante, prête pour le monde du travail de demain. Grâce à son nouvel indice sur le capital humain, la Banque mondiale a pu mesurer les pertes de productivité économique subies par les pays qui sous-investissent dans leur population. L’indice qui a été dévoilé dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fmi à Bali, en Indonésie, mesure le niveau de capital humain qu’un enfant né aujourd’hui est susceptible d’atteindre d’ici ses 18 ans, compte tenu des services de santé et d’éducation dans son pays. Cette mesure intègre trois facteurs, selon la Banque : Un enfant né aujourd’hui atteindra-t-il l’âge d’aller à l’école ? Quelle sera la durée de sa scolarité et quels seront ses acquis ? Cet enfant sortira-t-il du système scolaire en bonne santé, prêt à poursuivre ses études ou à entrer sur le marché du travail à l’âge adulte ? Selon le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, «le capital humain est souvent le seul capital des personnes les plus pauvres. C’est un des facteurs essentiels d’une croissance économique durable et inclusive. Pourtant, les investissements dans la santé et l’éducation n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent. Cet indice établit un lien direct entre l’amélioration de la santé et l’éducation des populations, la productivité et la croissance économique».
Aujourd’hui, vingt-huit pays dans l’ensemble du monde, dont le Sénégal, ont fait part de leur intérêt à participer au projet et ont déjà désigné des points focaux nationaux au sein de leur Administration publique pour collaborer avec le Groupe de la Banque mondiale. «Ces Etats ont déjà entrepris d’enrichir le dialogue sur les politiques en matière de capital humain au sein de leurs ministères techniques et de définir les priorités nationales pour accélérer les progrès en la matière, en s’appuyant chacun sur son propre plan de développement national», souligne la Banque.
Calculé sur une échelle de 0 à 1, 1 représentant la meilleure note possible, l’indice reflète la productivité future d’un enfant né aujourd’hui, comparée à celle qu’il aurait pu atteindre s’il avait bénéficié de conditions de santé optimales et d’une scolarisation complète et de qualité. «Un indice national de 0,5 par exemple signifie que le potentiel économique futur de la population (et du pays dans son ensemble) est amputé de moitié. Ce qui se chiffre, sur 50 ans, à de lourdes pertes économiques, avec une réduction annuelle de 1,4% de la croissance du Produit intérieur brut (Pib)», explique la Banque. Elle souligne également qu’il est possible de progresser. Elle donne l’exemple du Malawi qui a réussi à réduire son taux de retard de croissance de près de 20 points de pourcentage en moins de deux décennies. «J’espère qu’il encouragera les pays à prendre des mesures urgentes et à investir plus et mieux dans leur population», exhorte le président de la Banque mondiale.
mamewoury@lequotidien.sn

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