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Ababacar Sadikh Bèye,Dg Ansd

Pour faire face à la forte demande de données désagrégées sur la pauvreté, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), en partenariat avec la Banque mondiale, a élaboré des cartes de pauvreté. Cette base de données constitue un véritable outil d’aide à la prise de décisions en faveur des pauvres.

Les décideurs disposent maintenant d’un outil qui leur permet d’apprécier le caractère de leurs interventions, surtout en matière de lutte contre la pauvreté monétaire. Grâce au soutien de la Banque mondiale, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a élaboré une base de données appelée «Cartes de pauvreté». Il s’agit des cartes qui donnent plus de détails sur le niveau de pauvreté aussi bien à l’échelle départementale que communale. Alors qu’auparavant, les informations relatives à la pauvreté n’étaient pas désagrégées. Les indicateurs de pauvreté qui étaient produits ne permettaient pas de saisir les différences entre les espaces géographiques. C’est pourquoi, soutient Djibril Ndoye, économiste à la Banque mondiale, «ces cartes de pauvreté constituent un outil efficace d’aide à la prise de décisions en faveur des pauvres. Elles permettent en effet d’améliorer le ciblage des interventions publiques dans une perspective de rationalisation des ressources. Souvent utilisées dans le cadre de filets sociaux et protection sociale, ces cartes sont également recommandées pour une gestion efficace des politiques de subvention et de cash transfert. Elles constituent également un puissant outil d’allocation de ressources en matière de décentralisation». Ces cartes de pauvreté, souligne l’économiste, «réfèrent certes à la situation de 2011, mais elles restent encore pertinentes dans l’appréciation des choix publics à la faveur des populations les plus défavorisées».
Le directeur général adjoint de l’Ansd est du même avis. En effet, explique Babacar Ndir, «les programmes de lutte contre la pauvreté ne sont efficaces que s’ils visent les zones où se trouvent les populations les plus démunies. Le ciblage des interventions a toujours été limité par la difficulté d’obtenir des informations qui permettraient de circonscrire un programme au niveau local. Les cartes de pauvreté recèlent ainsi un important potentiel pour le ciblage très précis des zones d’intervention pour la priorisation des actions de développement social à conduire». Ainsi recommande-t-il leur appropriation par tous les acteurs socioéconomiques. Et à l’Ansd de tout mettre en œuvre pour une mise à jour continue de ces cartes afin de les rendre plus pertinentes.
Concernant la Banque mondiale, indique Djibril Ndoye, ces cartes vont servir aux travaux de diagnostic systématique pays à partir duquel sera défini le prochain cadre de partenariat entre la Banque mondiale et le gouvernement du Sénégal sur la période 2018-2021.
Et pour les besoins de mise à jour de ces cartes, il annonce que le projet, financé par la Banque mondiale pour la réalisation de cycles d’enquête harmonisée sur la pauvreté et les conditions de vie dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) sur la période 2017-2021, constituera une opportunité à saisir par l’Observatoire sur la pauvreté et les conditions de vie (Opcv).
dialigue@lequotidien.sn

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