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L’Agence de sécurité de proximité (Asp) a procédé hier à la restitution de l’enquête nationale sur la cartographie de la délinquance au Sénégal. Le document renseigne sur le niveau de délinquance et de ses formes selon les régions. La particularité de cette étude est qu’elle soit basée sur la «victimisation».

L’Agence de sécurité de proximité (Asp) a, sous la conduite de l’Ecole supérieure d’économie appliquée (Esea) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) et avec l’assistance technique de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), réalisé une enquête sur la cartographie de la délinquance au Sénégal. Hier, lors de l’atelier de restitution de cette étude, il a été souligné que le taux de prévalence de la délinquance générale est d’environ 30%. Dans le rapport, on note que les auteurs se sont focalisés sur différentes formes de délinquance. Ainsi, il a été constaté que les atteintes à l’intégrité physique, composées des agressions, des viols, des violences conjugales présentent un taux de prévalence de «10,4%, soit une personne sur 10 a fait l’objet au moins d’une atteinte volontaire à l’intégrité physique». Dans le document, on informe qu’elles sont «les actes de délinquance les plus répandus dans les régions du Sud-Est». «Kédougou est la plus affectée avec 23,2%, suivie de Tambacounda avec 19,6% et de Kolda 19,4%. Dans ces régions, deux personnes sur 10 ont été victimes de cette forme de délinquance durant l’année 2016», a-t-on fait savoir. Par ailleurs, le rapport révèle qu’il est ressorti «des enquêtes que la région de Dakar est celle qui connaît le moins de cas d’atteinte à l’intégrité physique avec 5%». «Les régions de Matam (7,10%) et de Thiès (8,40%) se signalent aussi par des taux de prévalence qui sont en dessous de la moyenne nationale», a-t-on ajouté.
S’agissant des atteintes aux biens des ménages qui intègrent le vol du bétail, les cambriolages et les incidents sur matériel roulant, elles représentent «29,5% sur la période de référence ; ce qui signifie que 3 ménages sur 10 ont subi un de ces actes de délinquance». Autre précision faite, c’est que «ce taux de prévalence est 3 fois plus élevé que celui des atteintes à l’intégrité physique». Concernant les régions les plus touchées par les atteintes aux biens des ménages, on note que Diourbel et Saint-Louis arrivent en tête avec respectivement 40,2% et 39,3%. Dans ces régions, on note qu’environ 4 ménages sur 10 en ont été victimes. Le rapport renseigne que «le phénomène est tout aussi important dans les régions de Louga (35,4%), Kaolack (35,10%), Thiès (34,4%) et Kolda (32,2%)». En revanche, on constate que les régions de Dakar (21,4%), Kaffrine (24,4%), Tambacounda (25,70%), Matam (25%) et Fatick (28%) sont les moins affectées par ce phénomène.

Dakar en tête sur les nouvelles formes de délinquance
L’enquête s’est aussi penchée sur les nouvelles formes de délinquance qui renferment la cybercriminalité, les vols à la roulotte, le trafic de drogue ainsi que les atteintes contre l’environnement au niveau national. Le taux de prévalence de ce type de délinquance est estimé à 33,6%. A ce niveau, il est souligné que «la région de Dakar enregistre 57,80% de taux de prévalence concernant les nouvelles formes de délinquance». Elle est suivie de Ziguinchor (28,8%), Kolda (28,20%), Louga (26,80%) et Saint-Louis (24,70%). «A l’opposé, les régions de Matam 13,20% et Kaffrine 16,10% sont celles qui en souffrent le moins», a-t-on dit.
L’une des particularités de cette enquête c’est le fait qu’elle soit basée sur la victimisation. Vu sous cet aspect, le document révèle «un taux de délinquance générale assez important». «En effet, environ 1/3 des Sénégalais âgés de 15 à 65 ans et des ménages ont été victimes au moins une fois d’actes de délinquance durant la période de référence de l’enquête, soit 33% pour les personnes et 34,7% pour les ménages», a-t-on dit. Abordée par région, la victimisation des ménages est plus élevée à Saint-Louis avec un taux de prévalence de 45,8%, soit environ 4 ménages sur 10. Une autre région plus touchée par ce phénomène : Diourbel avec 44,8%. L’enquête qui révèle que Dakar est l’une des régions les moins affectées par ce type de victimisation (23,1%,) renseigne par ailleurs qu’elle connaît «le taux de victimisation personnelle le plus élevé avec 60,9%, soit 6 personnes sur 10 durant la période de référence».
L’enquête a aussi été menée sur la perception du sentiment d’insécurité chez les citoyens. A ce sujet, le rapport souligne que ce taux est de 40% dans le quartier, dans la rue en marchant seul au noir 54%, dans le transport public 76% et à domicile 63%.
dkane@lequotidien.sn

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