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Daouda Diouf, directeur de l’Ong Enda-Santé.

L’Ong Enda-Santé a procédé à la remise des attestations de fin de formation à 20 acteurs de la lutte contre le Vih/Sida (gestionnaires de données, des médecins de santé publique, cliniciens, acteurs communautaires). Ces derniers ont été formés durant 10 jours sur les outils de localisation et estimation de taille des groupes vulnérables. Cette formation entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet de Renforcement des capacités et capitalisation des expériences pour une meilleure prise en charge du Vih chez les groupes vulnérables (Reccap). L’objectif visé à travers cet atelier national de formation était d’outiller les acteurs de la lutte afin qu’ils puissent être capables de mener la recherche opérationnelle grâce à la méthode de la cartographie locale en santé et l’estimation de taille. Cette première promotion nationale spécialiste va pouvoir désormais mettre en place des stratégies pertinentes pour l’atteinte des trois 90 au niveau local. Selon Daouda Diouf, directeur de l’Ong Enda-Santé, c’est un outil très important pour pouvoir doter le pays de cadre et d’experts qui pourront faire cet exercice dans les 14 régions du Sénégal. Pour étayer ses propos, il a déclaré que le Sénégal doit disposer de cette expertise qu’il allait chercher ailleurs. «Aujourd’hui, les informations générées à la suite des cartographies et des estimations de la taille des groupes vulnérables sont devenues indispensables pour une meilleure planification des programmes de lutte contre le Sida, une meilleure orientation des ressources mobi­lisées et enfin pour l’atteinte des objectifs que nous nous sommes fixés au Sénégal», indique le directeur d’Enda-Santé.
«Nous avions au départ, 450 candidats pour 20 places disponibles. Donc nous avons pu trouver des profils très intéressants, diversifiés et à l’issue de 10 jours de formation, l’ensemble des personnes ayant participé à la formation ont acquis les connaissances et les compétences requises pour pouvoir faire des estimations de la taille et la cartographie, surtout des populations les plus touchées par le Vih/Sida», s’est réjoui M. Diouf.
En écho à ces propos, Dr Fatma Mbaye Diouf, secrétaire exécutive adjointe du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), qui a présidé cette cérémonie de remise d’attestations au nom de la secrétaire exécutive du Cnls, a magnifié la tenue de cette formation tout en rappelant que dans le cadre de la lutte contre la pandémie, le Sénégal rencontre plusieurs difficultés en particulier pour l’accès aux populations clés dont la prévalence reste élevée. Mieux, elle a précisé que dans l’objectif d’atteindre les trois 90 – dépister 90% des personnes qui vivent avec le Vih, mettre sous traitement 90% de ces personnes et arriver à supprimer la charge virale de ces personnes – le pays est toujours à 72%. «Ce qui veut dire que nous devons multiplier encore nos efforts pour atteindre ce dernier tiers. Et c’est là où je vois l’importance de cette formation qui va nous permettre d’aller dans les localités les plus reculées voir les populations les plus difficiles d’accès, afin de toucher et d’estimer leur taille, et leur donner les soins les plus appropriés», a-t-elle souligné.
Mme Diouf a fait savoir que si le Sénégal dispose d’une expertise qui lui permet de faire l’estimation de la taille de ces populations, leur cartographie, cela lui permettrait d’atteindre les objectifs qu’il s’est assigné en matière de lutte contre la maladie. Elle a aussi souligné que cette expertise peut être utilisée dans d’autres secteurs tels que la santé maternelle.

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