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«Nous naissons libres et égaux».
C’est ce qu’on nous a appris tout petit à l’école en convoquant de Grandes déclarations dites des droits de l’Homme proclamées urbi et orbi (article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 notamment) à des moments où les libertés humaines étaient des plus confisquées.
Nous vivons et grandissons avec cette belle certitude comme une vérité biblique ou coranique.
Mais bien des fois, je me suis surpris à penser librement qu’il s’agissait là du Plus Grand
Mensonge De L’homme A Soi-Même !
L’homme ne naît ni libre ni égal ;
L’homme naît pour conquérir sa liberté pendant toute sa vie, l’égalité n’étant pas, quant à elle, de ce monde.
Nous ne sommes égaux (et peut-être libres) qu’à l’heure de la mort, quand tout s’arrête quelles que soient notre condition sociale, notre couleur et nos origines.
Conquérir la liberté, c’est s’affranchir de toute servilité ;
Ce n’est pas changer de maître ou de forme d’asservissement, cela fut-il bien souvent de manière consentie pour des raisons de jouissance, de puissance ou d’aisance.
Je préfère mille fois souffrir de ma liberté que de jouir mille et une fois de ma servilité.
Alors, au risque d’être incompris et d’être déféré devant le Tribunal des libertés, je dis que ce que nous prenons pour acquis définitif (au travers d’une belle proclamation qui n’engage que ceux qui y croient) mériterait d’être revisité voire révisé 72 ans après :
-Nous ne naissons pas libres et égaux.
Aucun nouveau-né n’a jamais eu la liberté de choix de son lieu de naissance, de sa taille, de sa couleur de peau, de sa langue, de sa culture, de sa religion ni même de ses parents.
-Nous ne vivons pas libres et égaux non plus.
Il suffit de naître et de vivre assez longtemps pour le comprendre.
Tout au plus, la liberté et l’égalité sont-elles des aspirations en forme de viatique pour tout homme qui veut donner un sens à sa vie à travers un accomplissement individuel ou collectif.
Mais hélas, dans une vie, on ne peut compter le nombre de fois, le nombre de situations où, con­traints plus souvent que par notre volonté propre, nous sommes obligés de renoncer à la liberté ou de subir les manifestations les plus affreuses de l’inégalité et de l’intolérance entre les hommes.
Il en sera ainsi aussi longtemps que nos différences seront comprises comme une source de discrimination (supérieur vs inférieur) menant au déni souvent violent de l’autre plutôt que comme source de complémentarité et d’enrichissement mutuel entre les Peuples au nom de l’égale dignité entre les hommes.
Peut-être serons-nous libres et égaux une fois morts, même victimes de la violation de nos droits et libertés ?
Je ne prendrai pas la liberté de me prononcer sur cette dernière question, car justement la réponse ne relève pas du monde des vivants.
Je me contenterai juste de répondre : Amen !
Rendons hommage à George Floyd, mort au «Pays de la Statue de la Liberté» au nom proclamé de la liberté et de l’égalité à la naissance des hommes et peut-être enfin libre à jamais dans l’au-delà.

Augustin SENGHOR
Citoyen écolo-humaniste Goréen

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