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Vingt-cinq femmes déplacées et «rudement impactées» par le conflit ont trouvé un point de chute dans la périphérie de Ziguinchor (sud), où elles s’investissent dans la transformation de déchets en briquettes de charbon écologique, une activité innovante qui leur ouvre la porte de la réinsertion sociale, a constaté l’Aps. Ces femmes, dont neuf souffrent d’un handicap physique, sont encadrées par Deline’s Gift, une organisation non gouvernementale (Ong) américaine de droit sénégalais, qui les a également formées au recyclage de feuilles mortes en briquettes de charbon écologique, une alternative au traditionnel charbon de bois. «Nous travaillons avec des femmes déplacées de Kaguitte et de Bis­sine, parce qu’elles manquaient d’opportunités pour exploiter le riche potentiel de la Casamance. Nous les avons formées au recyclage des feuilles d’arbre mortes, les coques de noix de coco, de ‘’ditakh’’ et d’autres fruits sauvages», explique Karine Sarr Badji, une responsable de cette Ong. Deline’s Gift, en partenariat avec le Fonds canadien pour les initiatives locales, offre aux femmes handicapées et marginalisées des formations et des microcrédits sans intérêt qui leur permettent de s’investir dans des activités génératrices de revenus. «Ces femmes sont des déplacées, des marginalisées vivant en général dans une extrême pauvreté. Nous leur donnons un capital de départ pour qu’elles lancent des micro-entreprises», explique Mme Badji.  De cette manière, «nous répondons à une problématique du gouvernement sénégalais, con­cer­nant la protection de l’environnement, en offrant une alternative à la coupe de bois», ajoute-t-elle. L’ambassadrice du Canada au Sénégal, Lise Filiatrault, a effectué une visite à Mandina Mancagne, une localité située à la lisière de la commune de Ziguin­chor, pour constater le déroulement de ce projet jugé novateur. «L’intervention financière de mon pays dans ce programme répond à un besoin d’autonomiser les femmes avec la création d’activités génératrices de revenus», sans compter la possibilité de «protéger l’environnement par une technique novatrice», souligne Mme Filiatrault. «Nous étions dans une situation d’extrême pauvreté. Nous étions dépassées et traumatisées par cette crise lorsque nous avions débarqué à Mandina Mancagne en laissant derrière nous habitations et champs. Mais avec cette Ong américaine, nous avons retrouvé notre dignité en gagnant notre vie à la sueur de notre front», témoigne Awa Sagna, membre du Collectif des femmes déplacées de Bissine. Elle affirme que les femmes gagnent leur vie «avec ce nouveau charbon qui est tellement apprécié parce qu’il se consume sans gaz carbonique». «Nous recevons des commandes depuis Dakar», souligne cette veuve, rappelant que son défunt mari «s’adonnait à la coupe de bois pour faire du charbon». «Il tombait tout le temps malade à cause de la pénibilité de son activité», se souvient Awa Sagna, désormais satisfaite des perspectives de cette nouvelle activité grâce à laquelle les femmes déplacées de Bissine reçoivent des commandes venant de plusieurs régions du pays.

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