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Sensibiliser et prendre des initiatives visant à attaquer de front le problème des armes ! C’est dans le cadre de tels exercices que la Journée internationale de la destruction des armes légères, des victimes de la violence par les armes a été instituée en 2001 par les Nations unies. Occasion de jauger de l’ampleur du phénomène en Casamance ; une région où la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre y constituent l’un des facteurs d’exacerbation des violences armées.

Chaque année dans le monde, près de 800 000 personnes, soit plus de 2 000 par jour, meurent du fait des violences associées aux conflits armés, aux violences domestiques et à la criminalité à petite et grande échelles. On estime en outre que près de 900 millions d’armes légères et de petit calibre (Alpc) sont actuellement en circulation, dont les trois quarts entre les mains de civils.
A l’échelle planétaire, 60 pour cent des homicides sont perpétrés au moyen d’Alpc. Une violence armée qui détruit des vies, alimente l’insécurité et compromet les perspectives de développement humain. C’est le cas notamment en Casamance, partie sud du Sénégal, frontalière avec la Gambie et la Guinée ; et région où la disponibilité incontrôlée et la libre circulation des armes légères et de petit calibre a toujours alimenté et favorisé la violence armée, voire le conflit armé vieux aujourd’hui de plus de 30 ans. Et ce, avec comme cibles vulnérables les enfants, les jeunes et les femmes. Une culture de violence avec comme conséquences le déplacement de populations, le choc psychologique des familles, etc. Quid des vols de bétail, de la culture de la drogue, du trafic illicite de bois, de l’insécurité ambiante favorisés par l’usage des armes à feu au niveau de la bande frontalière, aussi bien du côté gambien que bissau-guinéen ? Une ampleur du désastre occasionné par les armées légères qui interpelle au plus haut point aussi bien l’Etat que la Société civile. Une coalition qui, pour lutter contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et les violences armées en Casamance, se doit de définir des stratégies créatives et des mesures appropriées à même d’éradiquer ce fléau.
Une démarche qui nécessite également la sensibilisation des populations, des communautés à la base qui souffrent le plus des effets des conflits armés. «Il est aujourd’hui de la responsabilité de l’Etat de mettre fin à la violence armée sous quelque forme que ce soit ainsi qu’aux conditions qui entretiennent cette violence», plaide Sarany Diatta, le président de l’Isad (Initiative solidaire pour des actions de développement). Et c’est également conscients de la nécessité de juguler ce fléau que des membres de la Société civile du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée avaient d’ailleurs, il y a quelques mois, dans une déclaration commune faite à Ziguinchor, préconisé une batterie de mesures dans le cadre des efforts de désarmement. Des mesures qui ont trait à la création d’emplois pour les jeunes, principaux acteurs de la violence armée, et de la mise sur pied des conditions de vie et des infrastructures de base au sein des sociétés. La Société civile qui avait en outre plaidé pour l’initiation de projets de recherche visant à sensibiliser et informer le public sur la nature et l’ampleur de la prolifération des armes légères ; l’examen des facteurs qui encouragent l’acquisition et la détention de ces armes ; l’analyse des sources des armes légères et l’ampleur des stocks en circulation, etc.

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