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Les Organisations paysannes (Op) de la Casamance se sont réunies jeudi et vendredi à Ziguinchor autour d’un projet de mise en place d’organes de gouvernance du Fonds de garantie intrants et matériels agricoles, mobilisé dans le cadre d’un partenariat avec le Projet pôle de développement de la Casamance (Ppdc). C’était un atelier de deux jours qui leur a permis de réfléchir sur les mécanismes d’installation de ce fonds de garantie, dont tous les producteurs des trois régions de la Casamance naturelle seront bénéficiaires.

Un atelier régional pour la mise en place des organes de gouvernance du Fonds de garantie intrants et matériels agricoles domicilié à la Banque agricole, tenu durant deux jours à Ziguinchor, avait pour objectif de montrer la symbolique de ce fonds qui doit être un exemple dans la problématique du financement de l’agriculture d’une part, et la pérennisation des appuis aux Organisations paysannes (Op) d’autre part. Sur la genèse de ce projet, Youssouph Badji, coordonnateur du Ppdc, explique que tout est parti d’un diagnostic institutionnel qui leur a permis de confirmer que l’accès au crédit était un problème important. «Et nous avons réfléchi ensemble pour créer un mécanisme de prélèvement qui a permis, à travers les subventions mises à la disposition des organisations paysannes, de collecter des fonds», a-t-il dit. Les organisations partenaires des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda ont, poursuit-il, collecté pour constituer un fonds d’environ 82 millions, domicilié au niveau de la Banque agricole, une institution financière avec laquelle le Ppdc s’est réuni pour voir quels mécanismes utiliser pour faciliter davantage l’accès au crédit aux agriculteurs. Et c’est dans cette réflexion qu’est venue l’idée de créer un fonds de garantie dont tous les producteurs des trois régions de la Casamance naturelle seront bénéficiaires.
Chose qui nécessite un système qui permet à la fois d’assurer la gouvernance de ce fonds avec la banque, mais aussi de mettre en place un dispositif pour la délivrance des crédits, l’alimentation du fonds, le recouvrement des créances, etc. «Un instrument qui va être un outil à travers lequel l’Etat peut intervenir directement en le renforçant ou toute autre institution qui a envie de faciliter l’accès au crédit ; une gouvernance du fonds par les utilisateurs et au profit des utilisateurs», souligne le coordonnateur du Ppdc. C’est tout le sens de cet atelier de deux jours organisé à Ziguinchor. Une initiative nationale unique au Sénégal, de l’avis de Abdou Aziz Badji, le président du Cadre de concertation régionale des ruraux (Crcr). La rencontre a mobilisé tous les acteurs, programmes, services techniques, qui s’activent dans le secteur agricole en milieu rural.
Abdou Aziz Badji, président du Crcr, s’est réjoui que ce fonds logé à la Banque agricole leur permette de lever plus d’un milliard 250 millions de francs Cfa, afin que les organisations paysannes participent progressivement à sortir l’Etat du Sénégal d’une fonction qui n’est pas la sienne, à savoir le commerce des intrants pour les producteurs. «Et cette mobilisation de fonds va permettre aux Op de la région de Ziguinchor de faire une levée de fonds au niveau de la banque et une commande des intrants à temps, afin de les mettre à la disposition des producteurs», soutient le patron du Crcr.

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