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«Unus pro omnibus, omnes pro uno» devise de la Suisse, l’expression des Trois mousquetaires de Alexandre Dumas «un pour tous, tous pour un» met en valeur la vertu de solidarité en renforçant les liens d’une équipe en faisant ainsi qu’un. Cette attitude, en Casamance, est sans valeur pour nos politiciens qui, friands d’intérêts personnels, trahissent leur engagement de servir le Sénégal et particulièrement la population de la Casa­man­ce pour son développement.
Il faut être solidaire et ne faire qu’un pour un développement en Casamance. Cette approche symbolique et performative doit être privilégiée par nos politiciens (pouvoir et opposition comprises) pour asseoir un développement socio-économique, culturel et environnemental pérenne dans la région sud du Sénégal.
Or, cet élan commun de développer et ce commun vouloir de transformer significativement la Casamance sur tous les plans laissent à désirer. La faute à des hommes et femmes politiques aux ego surdimensionnés, pire aux égoïsmes sataniques qui minent cet esprit. En cela, une des principales critiques que j’adresse à nos politiciens locaux ces dernières années c’est leur recherche effrénée du pouvoir, leur quête personnelle de leadership qui frise le ridicule et surtout leur guerre de positionnement. Comment comprenez-vous cette situation délétère entre politiciens.
A cet effet, le Bby Ziguinchor ne vit pas, il est dans un sommeil profond. En lieu et place d’animation, c’est une vraie guérilla avec des sorties individuelles, sporadiques. Le comble, sa jeunesse est laissée pour compte, zéro séance de travail ou des cellules de partage avec l’ensemble des militants. Nos politiciens ne sont visibles réellement que lors de la présence d’un ministre dans le Sud ou de celle du président de la République pour avoir une tribune pour s’exprimer devant la population pour faire croire au patron que  «je suis présent dans ma zone».
L’opposition quant à elle, tente bien que mal de se frayer un chemin avec une kyrielle de petites actions sans réels impacts sociaux.
Outre cette critique objective, nos politiciens ne sont pas suffisamment intéressés au développement de la Casamance. Alors qu’il s’agit là d’une dimension essentielle pour asseoir leur positionnement. Au-delà de l’usage «clientaire» qu’ils font des ressources publiques mises à leur disposition, leur capacité à agir, c’est-à-dire de coordonner des actions pour décrocher des partenariats, est devenue localement un élément inexploré conduisant à accentuer la pauvreté en Casamance.
Aujourd’hui, en lieu et place d’un communiqué signé par la quasi majorité des politiciens de Bby, n’était-il pas meilleur et bénéfique, pertinent et essentiel que ces mêmes politiciens avec l’opposition sortent des communiqués pour fustiger les retards notés dans la rénovation des ponts Emile Badiane, Baila, Diouloulou, Gnambalang, d’exiger une réponse immédiate pour la réfection du tronçon Tobor-Ziguinchor, La boucle du Boulouf, le pont de Camaracounda, la route du Fogny, de dénoncer la lenteur de la prise en charge des sinistrés des pluies, du marché Tilène… autant de maux auxquels les populations font face sans trouver un interlocuteur crédible et engagé pour ce défi. N’a-t-on pas dit que l’union fait la force et que se retrouver autour de l’essentiel est une priorité. Cette énergie mise en contribution pour des futilités devait servir la population, leurs positions actuelles devaient pouvoir être source d’impulsion d’une dynamique de développement. En leur qualité de leaders, personnalités influentes, ils pouvaient à travers leur relationnel, contribuer effectivement à faire décoller la région. Vous avez la chance d’être au-devant, rendez la monnaie à cette population qui vous a fait confiance. La Casamance souffre de la guerre depuis plus de 30 ans, maintenant nos politiciens sont pires que cette guerre, vous nous infligez une souffrance énorme.
La Casamance souffre, souffre réellement, et cette souffrance reste sans solution. Méchanceté ou lâcheté, quel terme utiliser ? D’accord, être politicien c’est un engagement individuel certes mais en s’engageant nous portons la cause collective. Par conséquent, nos politiciens ayant bénéficié de décrets de nomination doivent s’associer tous pour une Casamance développée. C’est là que prend sens «Un pour tous, tous pour un»
Si réellement c’est par devoir, par souci de servir la population, nos politiciens devaient se retrouver autour de l’essentiel, taire leurs querelles internes et batailler ferme pour sortir la Casamance du gouffre de la pauvreté. Ils doivent avoir pour but commun de bâtir une Casamance nouvelle et prospère.
Quand la Casamance aura-t-elle des politiciens qui comprennent que l’intérêt général est au début et à la fin de tout engagement politique ?
Nicolas Silandibithe BASSENE

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