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Hélène Bourbouloux et Frédéric Abitbol doivent se démener avec une dette de près de 3,4 milliards qui asphyxie la cascade de holdings. Portraits croisés.

Généralement, c’est ou l’un ou l’autre. Jamais les deux ensemble. Mais cette fois-ci, Hélène Bourbouloux et Frédéric Abitbol héritent du même dossier : les voilà aux manettes des procédures de sauvegarde lancées sur la cascade de holdings qui chapeaute Casino. Ils doivent se démener avec une dette de près de 3,4 milliards d’euros qui asphyxie Rallye (avec trois autres structures logées au-dessus), actionnaire majoritaire de Casino. La partie s’annonce compliquée et longue – cela pourrait durer jusqu’à dix-huit mois… Mais les deux administrateurs judiciaires, co-saisis de ce cas hors norme, se partagent le titre de «star» de la profession.
Ils en ont géré des dossiers et des dossiers sensibles. Au palmarès de la Corrézienne Hélène Bourbouloux : Gérard Darel, France Loisirs, Bata, Kindy, Petroplus, Saur, Vivarte, Presstalis… Le Parisien Frédéric Abitbol a, lui, œuvré sur les affaires suivantes : Partouche, Sncm, Doux, Tapie ou encore Monique Piffaut, bâtisseuse de l’empire agroalimentaire William Saurin, décédée en 2016. «On met deux poids lourds du métier ensemble. C’est bien, car ils maîtriseront mieux que personne la ribambelle de prêteurs à qui ils auront à faire face dans ce dossier. Mais c’est risqué, car ce sont deux ténors qui vont devoir cohabiter…», confie un de leurs proches.

«Sueur et pleurs»
Les deux quadras adorent leur métier a priori peu glamour – ils sont 150 environ à l’exercer en France : «Quand une entreprise faisait faillite sous l’Empire romain, on coupait le propriétaire en quatre et on se répartissait les morceaux. On est nettement plus civilisés maintenant, on cherche d’autres solutions…», nous confiait, en souriant, Frédéric Abtibol, Parisien né dans une famille de médecins. Après avoir travaillé longtemps comme collaborateur de l’administrateur parisien Régis Valliot, puis être devenu son associé, celui qui est diplômé de Hec monte son propre cabinet, installé avenue Hoche, à deux pas de la place de l’Etoile. «Dans le monde juridique anglo-saxon, on donne tout le pouvoir aux créanciers, ils sont considérés comme les premières victimes. Dans le monde juridique français, l’entreprise est un bien commun à préserver. La priorité est d’aider les sociétés en difficulté à préserver leur activité et les emplois», expliquait-il.
Hélène Bourbouloux, elle, a eu récemment à gérer le cas de la chaîne Vivarte (Naf Naf, Besson, André, etc.) : 2,8 milliards de dette et 172 créanciers. Une large partie de la dette avait été effacée, mais en échange d’une prise de contrôle des créanciers. «Dans ce type de situation, je dois négocier la moins pire des solutions pour le maximum de personnes. Un bon accord est souvent le résultat de sueur et de pleurs», nous assurait l’administratrice judiciaire. Réputée pour son franc-parler, elle devra dans ce dossier se frotter à l’actionnaire principal de Rallye, Jean-Charles Naouri, Pdg de Casino, et le convaincre de suivre ses conseils de redressement.
lepoint.fr

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