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Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, pourrait déclarer l’indépendance de la région mardi, alors que l’opposition grandit, y compris dans son camp.

L’opposition au projet indépendantiste du président séparatiste de la Catalogne, Carles Puigdemont, grandit au sein de la région. La maire de Barcelone, Ada Colau, figure politique catalane qui s’est souvent prononcée en faveur d’un référendum légal, a refusé lundi 9 octobre que les résultats du scrutin organisé le dimanche 1er octobre, alors qu’il était suspendu par la justice, puissent «servir de fondement à une proclamation d’indépendance».
Vendredi, des figures politiques indépendantistes avaient déjà pris de la distance avec les ambitions de Carles Puigde­mont. Santi Vila, le ministre régional de l’Entreprise, réputé proche du président régional, réclamait par exemple «un cessez-le-feu» symbolique au gouvernement, et demandait aux indépendantistes de ne pas «prendre de décisions qui pourraient être irréparables» pour leur cause.
Le lendemain, le quotidien catalan La Vanguardia écrivait que certains indépendantistes envisageraient une déclaration à l’effet reporté de plusieurs mois.

Puigdemont pour une indépendance rapide
Pourtant, le chef de l’Exécutif catalan a laissé entendre dimanche qu’il était prêt à déclarer l’indépendance de la région si le gouvernement central espagnol ne répondait pas à sa demande de médiation pour apaiser la grave crise avec Madrid.
Mardi, M. Puigdemont doit s’exprimer devant le Parlement catalan «concernant la situation politique» actuelle. La séance programmée à 18 heures n’a pas d’autre ordre du jour et l’opposition craint que le Parlement y adopte une déclaration unilatérale d’indépendance.
«Nous avons ouvert la porte à la médiation, nous avons dit oui à toutes les possibilités de médiation qui nous ont été présentées. Les jours passent et si l’Etat espagnol ne répond pas de manière positive, (donc) nous ferons ce que nous sommes venus faire», a dit M. Puig­demont dans un entretien avec la télévision publique catalane.
A l’issue du vote du 1er octobre, les indépendantistes estiment l’avoir remporté avec 90,18% des suffrages et 43% de participation. Ce référendum a été le point d’orgue de la pire crise politique vécue par l’Espagne depuis son retour à la démocratie en 1977, après la mort de Franco.
La loi d’organisation du scrutin prévoit qu’en cas de victoire, une fois les résultats connus, l’indépendance soit proclamée dans les quarante-huit heures. De la décision que Carles Puigdemont et les siens prendront dépend le sort de 16% de la population espagnole qui vivent dans cette région, contribuant à hauteur de 19% au Pib de l’Espagne.

Rajoy «n’écarte rien»
Quant au pouvoir central, même s’il s’est engagé lundi auprès du Conseil de l’Europe à diligenter une enquête sur les violences policières qui ont émaillé le scrutin sur l’indépendance, il maintient la pression sur la Catalogne.
Dimanche, Mariano Rajoy a demandé à ce que «la menace de déclaration d’indépendance soit retirée le plus rapidement possible» dans un entretien avec le quotidien El Pais. Et dans le cas contraire ? «Je n’écarte rien», a-t-il répondu au journal qui l’interrogeait sur l’application de l’article 155 de la Constitution, permettant de retirer son autonomie à la région.
Le leader du Parti socialiste espagnol (Psoe), Pedro Sanchez, opposant à Mariano Rajoy, a lui aussi demandé à M. Puigdemont de «tout arrêter» et de renoncer à une déclaration d’indépendance unilatérale. Il a ajouté qu’il «soutiendra (it) la réponse de l’Etat» qui pourrait inclure la suspension de l’autonomie régionale.

La France ne reconnaîtra pas une déclaration unilatérale
Si la Catalogne déclarait unilatéralement son indépendance mardi, la France ne la «reconnaîtrait pas», a déclaré hier la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau.
«S’il devait y avoir une déclaration d’indépendance, elle serait unilatérale, elle ne serait pas reconnue», a déclaré la ministre sur la chaîne CNews. «On ne peut pas résumer la Catalogne à la consultation que les indépendantistes (ont) organisée», a-t-elle ajouté.
Mme Loiseau a, par ailleurs, rappelé que si l’indépendance de la région «était reconnue, ce qui n’est pas ce dont on est en train de parler, la première conséquence, c’est qu’automatiquement elle sortirait de l’Union européenne».

lemonde.fr

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