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A l’origine était la rumeur, vite balayée par des démentis doublés d’une plainte. Pourtant, les profs de philo avaient très tôt tiré sur la sonnette d’alarme et même menacé de ne pas valider cette forfaiture en boycottant la correction des copies. Personne n’avait vu venir cette catastrophe qui remet en cause la valeur de notre Baccalauréat national, un diplôme qui ouvre les portes aux études supérieures. Pourtant, le mal est très profond, très profond même.
On se rappelle déjà qu’en 2007, le Président Wade, devant l’impuissance face à la fuite dans la presse des délibérations du Conseil des ministres, avait obligé (sic !) les ministres à jurer, pensant stopper nette la fuite des informations. Pourtant, la presse, depuis lors et jusqu’à nos jours, continue à donner, jusque dans des détails, les délibérations des Conseils ministériels. C’est comme si nos autorités ne sont pas capables de garder un secret.
Ce mercredi 5 juillet 2017 reste et restera à jamais une des journées que le Sénégalais, en général, et les candidats au Bac, en particulier, n’oublieront pas de sitôt. Neuf mois de longues et difficiles études, de sacrifices, de veillées viennent d’être compromis par des fuites, via WhatsApp, un réseau social très usité. Fuites confirmées, pour l’instant, pour trois disciplines : le français, l’histoire et la géographie. Une année que tout le monde reconnaît moins perturbée par les grèves. La crédibilité du Bac, ce fameux sésame, est en jeu et les conséquences incommensurables.
Ce sont des adultes pour cette fois-ci, ce qui est déplorable et regrettable, qui apprennent aux adolescents des pratiques honteuses, pratiques et/ou comportements qui bafouent les valeurs morales, fondement de l’homo senegalensis, l’homme que l’école et l’éducation ont mission de former pour le Sénégal de demain. La responsabilité de l’Etat ne fait l’ombre d’aucun doute. Des têtes, les vrais coupables, de grâce, doivent être démasqués et les sanctions, sans état d’âme, doivent être prises pour que ces pratiques qui ternissent l’image du Sénégal ne se reproduisent plus. Il faut que l’on restaure la culture du mérite et que tous les candidats aux différents examens et concours soient mis dans les mêmes conditions de réussite.
Les élèves doivent payer des pots que des hommes et des femmes, payés par le contribuable sénégalais, ont cassés. Voilà la vraie injustice et c’est dommage qu’il n’y ait pas de réparation possible.
Pauvres élèves !
Vous ne méritez pas ça de vos adultes, encore moins de vos autorités.
Tout le monde attend que des sanctions à la hauteur des bêtises soient prises.
Nfally COLY
Guédiawaye Dakar
nfally@gmail.com

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