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Un tremblement de terre de magnitude 7,1 a secoué mardi la capitale mexicaine. 32 ans jour pour jour après celui de 1985 qui avait fait plus de 10 000 morts.

Des gens partout dans les rues, des nuages de fumée, et le bruit des hélicoptères qui survolent Mexico. Les secours qui s’organisent avec l’aide des citoyens. Au moins 217 personnes (selon un bilan revu à la baisse par les autorités à la mi-journée) ont péri mardi lors d’un violent séisme de magnitude 7,1 qui a secoué le Centre du Mexique, dont la capitale, 32 ans jour pour jour après celui de 1985 qui avait fait plus de 10 000 morts.
Au moins 21 enfants ont également péri et une vingtaine sont portés disparus après l’effondrement d’une école de Mexico, a annoncé mardi le gouvernement. «Nous avons un chiffre de 25 (morts), dont 21 enfants» à l’école primaire Enrique Rebsamen, a déclaré à la chaîne Televisa Javier Treviño, sous-secrétaire d’Etat à l’Education. L’épicentre du séisme, qui s’est produit à 13h 14 locales (18h14 Gmt), a été situé à la frontière de l’Etat de Puebla et Morelos (centre), à 51 km de profondeur, selon le centre géologique américain Usgs. Le bilan provisoire du gouvernement mexicain comptabilise les décès répartis sur plusieurs Etats, voisins de Mexico, où l’on comptait 36 morts : Puebla (29), Morelos (64) et l’Etat de Mexico (neuf).

Une cinquantaine de bâtiments en ruines
Mexico, mégapole de 20 millions d’habitants, a tremblé au milieu des cris, des pleurs et des crises de nerfs. Cette nouvelle secousse intervient quelques jours à peine après un tremblement de terre de 8,2 dans le Sud du pays qui avait fait une centaine de morts début septembre. Des vidéos postées sur les ré­seaux sociaux témoignaient de la violence des secousses, d’effondrements d’immeubles et même d’une forte explosion dans un bâtiment. Des images saisissantes publiées par des touristes naviguant à Xochimilco, zone lacustre du sud de Mexico, montraient de fortes vagues se former et secouer les embarcations sur ces canaux d’ordinaire calmes.
Dans le centre de Mexico, Julia Chardavoine, explique à Libération qu’elle était en train de travailler lorsque la secousse est advenue. «Il y a eu un grondement sourd. Et, comme il y a dix jours, il y a eu un tremblement de terre, cette fois-ci j’ai eu le réflexe de partir en courant. Dans la cage d’escalier, je n’arrivais plus à marcher tellement les murs me balançaient d’un côté à l’autre», raconte-t-elle. «J’ai laissé tout ouvert derrière moi», poursuit-elle, expliquant comment, arrivée dans la rue, elle a été marquée par la poussière, les débris d’immeubles et «les gens qui hurlent parce qu’ils sont traumatisés par le tremblement de terre de 1985».
«Je suis bouleversée, je n’arrive pas à m’arrêter de pleurer, c’est le même cauchemar qu’en 1985», confiait à l’Afp Georgina Sanchez, 52 ans, en pleurs sur une place de Mexico, qui semblait revivre cet épisode marquant de l’histoire du pays. «Ce n’est pas possible que ce soit aussi un 19 septembre!», sanglotait Lucia Solis, secrétaire, les mains encore tremblantes. «Les gens étaient très nerveux. J’ai vu une femme qui s’est évanouie. Les gens étaient en train de courir», témoignait un peu plus loin, Alfredo Aguilar, 43 ans. Au milieu des odeurs de gaz, plusieurs immeubles se sont effondrés ou ont été fortement endommagés, a constaté l’Afp. Les autorités de la capitale mexicaine faisaient état d’une cinquantaine de bâtiments en ruines.
«Ne fumez pas! Ne fumez pas !», prévenaient des secouristes craignant des ruptures de canalisations de gaz, alors que les Forces de l’ordre tentaient de mettre en place des cordons de sécurité en plein chaos et que des habitants regagnaient leur domicile à pied. L’un des responsables des secouristes de Mexico, Pedro Corso, qui organisait le déblaiement autour d’une école dont le toit s’est effondré dans le quartier de la Roma sans faire de victimes, a expliqué à Libéra­tion que «la priorité est de déblayer les voies afin que les secours puissent passer».

«Des gens piégés vivants»
Des colonnes de fumée étaient visibles sur des plans larges de la capitale diffusés par la télévision mexicaine. «Il y a des gens vivants piégés là!», a crié une femme en signalant les décombres d’une clinique. Des secouristes et des passants ont alors formé une chaîne humaine pour déblayer et tenter d’extraire d’éventuels survivants. Des patients sur des brancards ou des chaises roulantes, dont certains sous perfusion, avaient été évacués sur le trottoir.
Le Président mexicain, Enri­que Peña Nieto, a écourté un déplacement en province pour rentrer à Mexico en avion. «J’ai ordonné l’évacuation des hôpitaux endommagés et le transfert des patients», a-t-il écrit sur Twitter.

 

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