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«Il n’ y a pas eu de pénurie, je l’affirme et je le réaffirme» a, en effet, déclaré orbi et ourbi, André Froissard, qui a évoqué pour en apporter la preuve le déplacement effectué récemment par une partie de la presse dans les dépôts de la compagnie à Dakar pour constater les stocks de sucre mais également, l’importation par la Css de 80.000 tonnes de sucre pour assurer le lien avec les 135.000 tonnes produits l’année dernière. M. Froissard a d’ailleurs, très clairement, imputé la responsabilité de l’annonce de «cette fausse pénurie aux commerçants importateurs de sucre». «Quand on ne peut pas spéculer sur les cours mondiaux, on peut toujours spéculer sur la façon de distribuer le sucre». Ces commerçants sont mêmes accablés par le Dg de la compagnie sucrière qui a expliqué qu’avant le Magal de Touba, certains grands commerçants ont été pris la main dans le sac, pour avoir acheté du sucre à la Css, annoncé à la radio que la Css n’a plus de sucre pour le garder et faire croire qu’il y a une pénurie pour ensuite pouvoir faire monter les prix. «Cette spéculation est complètement anormale», a-t-il souligné, et traduit même un manque de patriotisme flagrant de la part de ses auteurs qui se sont permis de créer des pénuries artificielles pour pouvoir s’enrichir sur le dos des citoyens. Froissard, qui a encore une fois martelé et qui ne s’est pas lassé de répéter qu’il n’y a pas eu pénurie, a aussi évoqué le cas de la ville de Touba qui avait besoin de 2500 tonnes de sucre qui ont été mises à la disposition des commerçants, ce qui a valu à l’entreprise les félicitations du Khalif général des Mourides.

Vers une production de 150.000 tonnes
La Css qui produisait 80 à 90.000 tonnes de sucre, alors que le Sénégal avait besoin d’environ 100 à 110.000 tonnes a fait des pas de géant dans le cadre de la production, selon son directeur général, car elle atteindra au terme de la présente campagne dont la production a démarré vendredi, une production record de 130.000 tonnes constituant normalement, les besoins actuels du Sénégal et se projette de produire au terme de la prochaine campagne 150.000 tonnes, soit la totalité des besoins en sucre de notre pays. D’après André Froissard, le marché du sucre s’est accéléré et avec 150.000 tonnes la Css doit pouvoir assurer l’autosuffisance du sucre pour tous les citoyens du Sénégal  à l’exception des industriels qui ont toujours demandé à être autonomes et à importer leur sucre eux-mêmes, parce qu’ils bénéficient d’avantages et peuvent bénéficier aussi des variations des cours mondiaux. Cette année, a fait savoir le patron de la Css, est un excellent exemple, car la compagnie a été obligée d’importer bien au-delà de ses prévisions, pas parce qu‘elle était en sous capacité, mais parce que le marché a été totalement, perturbé par le comportement de certains commerçants et certains industriels. Poursuivant ses explications pour justifier les efforts consentis par la Css pour assurer l’approvisionnement correct du marché sénégalais en sucre, le Dg a aussi, expliqué que les cours varient au fil des spéculations internationales, ce qui a valu en 2013, de grosses difficultés à la Css, qui s’est retrouvée avec des commerçants qui ont importé à outrance du sucre sur le marché mondial pour le revendre sur le marché sénégalais au même prix que la Css, en respectant les normes de régulation mises en place par l’Etat, mais sans en avoir partagé les bénéfices énormes avec les consommateurs. Un phénomène beaucoup plus grave s’est ajouté à cela depuis deux ans, selon le Dg de la Css, car depuis deux ou trois ans, les productions de sucre à l’échelle planétaire sont en dessous des besoins de consommation. Ce qui a amené certains pays à toucher cette année, pour la première fois, à leurs réserves. Dans cette situation, indique-t-il, exacerbée par la décision de certains pays comme l’Inde ou la Chine de protéger leur marché local de sucre, soit en interdisant systématiquement les exportations ou en signant des accords avec des pays partenaires pour approvisionner leur marché, d’autres pays peinent à s’approvisionner en sucre sur le marché mondial.

Commercialisation du sucre sénégalais dans les pays voisins
M. Froissard a saisi l’occasion pour attirer l’attention des autorités sénégalaises sur le fait que le pays est entouré par des pays qui n’ont pas de compagnies sucrières et qui commencent à éprouver des difficultés à approvisionner leur marché en sucre. Sur les risques de sortie du sucre sénégalais vers certains pays voisins comme la Gambie et la Guinée Bissau dont les autorités n’ont pas caché leurs problèmes à approvisionner correctement leur marché et dont les industriels ont saisi sans succès la Css pour acquérir du sucre. Le Dg de la Css invite sur la même lancée la direction du commerce extérieur à redoubler de vigilance pour éviter que certains commerçants dans le but d’obtenir de gros bénéfices, sortent le sucre de notre pays. Il y a des situations assez graves qui nécessitent qu’on alerte, selon M. Froissard, afin d’éviter que les capitaux sénégalais servent non pas le pays, mais d’autres pays. M. Froissard a par ailleurs, rappelé une doléance érigée au rang de priorité depuis plusieurs années par la direction de l’entreprise. La Css a en effet, besoin encore de terres pour planter de la canne nécessaire à la production de sucre pour assurer les besoins de notre pays. L’entreprise a besoin de 3000 hectares de terre supplémentaires pour dérouler son projet phare le KT 200 qui devra marquer l’envol de la production et de l’entreprise.
 cndiongue@lequotidien.sn

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