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Quand j’ai été informé de la disparition de Baye Dame, j’en ai été ébranlé. Pas parce que sa mort est une surprise, mais parce que j’avais cru que la foi et le courage qui l’ont maintenu en vie durant de longs mois de souffrance avaient fini par lui permettre de surmonter cette terrible maladie. La dernière fois où on a échangé longuement sur Facebook, j’avais le pressentiment que BDW ne se laisserait pas avoir. Il est courageux et ne rechigne jamais à la tâche. Et sa foi était un bouclier que rien ne peut érafler.
Baye Dame, je l’ai connu il y a très longtemps. Je dirigeai la rédaction d’un hebdomadaire à la vie éphémère et il est venu y faire des piges. Il me rejoindra trois ans plus tard à Nouvel Horizon. Je l’y accueillis avec enthousiasme, sachant que j’avais là un bon élément. Il ne me déçut point. Il m’apprendra plus tard comment il a appris le métier à nos côtés, Laye Bamba et moi. Lui qui ne laisse rien apparaître me dira plus tard qu’il redoutait nos réunions de rédaction où il n’osait venir sans apporter une idée ou une information. C’était un élève attentif. Un journaliste qui voulait toujours donner plus que ce que j’exigeais.
Son départ de NH m’avait touché. Quand il est venu m’en parler, je lui indiquais que pour moi le départ d’un journaliste est ce qu’il y a de plus normal parce que mobile par destinée. L’essentiel était qu’il ne sorte de mon ombre pour tomber dans l’obscurité d’une vie médiocre. Partir pour le meilleur, c’est ce que j’attendais de tous les membres de la rédaction : partir pour trouver mieux, réussir et obtenir plus que je ne pouvais leur offrir.
Je dirais que la reconnaissance qu’il me témoignait chaque fois que je le revoyais, et il ne manquait de le dire tout haut pour que tout le monde l’entende, me prouva que son humilité était le signe d’une foi d’acier. Bien sûr, je le taquinais sur sa ferveur religieuse en l’appelant «faux marabout». Il me le rendait bien en me traitant de quelques méchancetés bien fraternelles.
J’aimais BDW parce que je voyais dans son travail avec Réussir tout ce qu’il a appris à NH : la manière de réfléchir, de trouver des sujets, de construire des dossiers, de développer son organe.
Il me manquera. Il manquera à ses amis qui sont nombreux. A ses parents, son épouse et ses enfants, il laissera un grand vide. Il manquera à sa profession. Je prie pour le repos de son âme et que son Réussir continue pour perpétuer son œuvrée.
Lors de notre dernier échange, Baye Dame, tu avais écrit : «Il faut prier pour moi. J’en ai besoin. Et un Sall, il ne peut finir que Sage. Amin !» J’ai prié, prié, prié …je continue à le faire.
Issa SALL
Journaliste

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