PARTAGER

Mettre fin aux tracasseries, entraves à la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) : C’est le plaidoyer qui sera fait durant toute la semaine nationale dédiée à cette organisation. Lors du lancement de celle-ci hier, le ministre de l’Intégration africaine, du Nepad et de la promotion de la bonne gouvernance a insisté sur la nécessité de vulgariser et d’appliquer les textes de cette organisation afin d’arriver enfin à la Cedeao des Peuples.

C’est un constat : La libre circulation des personnes et des biens n’est pas encore une réalité dans l’espace Cedeao. C’est pour atteindre cet objectif à l’horizon 2020 que le ministère de l’Intégration africaine, du Nepad et de la promotion de la bonne gouvernance a retenu comme thème cette année dans le cadre de la célébration de la Semaine nationale dédiée à cette organisation «Libre circulation des personnes dans l’espace Cedeao : Le temps de l’action». Selon le ministre qui a procédé hier au lancement de cette semaine, «les entraves font toujours légion, notamment au niveau des corridors routiers et des frontières». Pour Khadim Diop, «s’il faut déplorer les pratiques de certains agents, il faut constater que certaines entraves découlent de la méconnaissance des textes communautaires». Faisant le même constat, le président du Parlement de la Cedeao va plus loin en déplorant le fait que «les Etats ne respectent pas les dispositions» du traité de libre circulation des biens. «Nous ne devrions pas en être là, ce processus doit être accéléré», a-t-il plaidé. Prenant l’exemple de la situation des Sénégalais établis au Cap-Vert, Moustapha Cissé Lô renseigne qu’ils rencontrent d’énormes difficultés dans ce pays membre de la Cedeao. «Les Sénégalais sont 3 000 au Cap-Vert, mais ils ont des problèmes d’entrée et de sortie dans ce pays frère. On leur demande 1 000 euros, on leur réclame un billet retour. Certains sont même enfermés pendant 4 jours s’ils n’arrivent pas remplir ces conditions», a-t-il dénoncé. En sa qualité de président du Parlement de la Cedeao, M. Lô a demandé aux Etats de régler ce problème. «C’est le lieu de demander au Cap-Vert d’appliquer la réciprocité, parce que les 30 mille Capverdiens au Sénégal n’ont aucun problème», a-t-il ajouté.
Faisant le plaidoyer pour le respect des textes, le ministre de l’Intégration africaine soutient qu’il est important de sensibiliser, de montrer que ces traités ont été signés «par libre consentement». «Nous avons signé ces traités, nous avons décidé de vivre ensemble, d’appartenir à une communauté. Ce n’est pas normal que les textes écrits dans ce cadre ne soient pas suivis d’effets», a-t-il dit. De même, Khadim Diop a insisté sur l’utilité de la libre circulation des personnes et des biens. «Parce qu’il s’agit d’élargir notre marché, de circuler librement, d’être compétitif et de bénéficier des bienfaits  de ce marché», a-t-il déclaré. Pour atteindre cet objectif, il est convaincu de la nécessité de «vulgariser les différents textes qui ont été signés et de mobiliser les populations autour de cet idéal devenu incontournable, un marché de 300 millions au plan économique». «Il faut à côté de cette Cedeao institutionnelle qu’on ait une Cedeao des Peuples», a-t-il ajouté. Embouchant la même trompette, Moustapha Cissé Lô estime que «seuls les grands marchés permettent le développement» ; d’où, pour lui, l’intérêt  de créer «ce grand marché fort où les populations vont circuler librement et en toute sécurité». «Nous lançons un appel aux gouvernants pour la mise en œuvre des textes afin de rendre effective cette intégration», a-t-il soutenu.
dkane@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here