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La Journée du volontariat français a été célébrée le jeudi 4 octobre à Matam avec comme parrain Cheikh Hamidou Kane, auteur de l’Aventure ambiguë. Cette 8e édition, qui s’est déroulée autour du thème «Mobilité internationale et volontariat, vers un monde plus ouvert», a réuni environ 50 participants composés de volontaires français et de jeunes du Service civique national sénégalais.

A Matam, le volontariat a été célébré sous toutes ses formes. La cérémonie, qui s’est déroulée au Centre culturel régional de Matam, a été présidée par le Gouverneur Oumar Mamadou Baldé. Les volontaires français, établis au Sénégal, dans la capitale sénégalaise Dakar pour certains et d’autres dans la Cité du Rail, Thiès, et à Mbour, mais aussi ceux qui sont dans le Bassin arachidier, la région de Diourbel ont parcouru plus de 500 kilomètres pour rallier Matam (Nord). Un séjour de 48 H durant lesquelles les volontaires ont découvert d’autres facettes de la culture sénégalaise et la tradition pulaar.
Lors de la cérémonie officielle, présidée par le gouverneur Oumar Mamadou Baldé en présence d’autorités administratives, d’élus locaux, du directeur de la coopération à l’ambassade de France, le directeur du Paisd, Pape Birame Thiam, les valeurs du volontariat ont été davantage mises en lumière. Pour Karim Doumbia, directeur de France volontaires de Dakar, le thème choisi cette année fait référence «au vivre-ensemble, aux échanges des volontaires et aux dynamiques de chaque pays en matière de volontariat». D’après Abdou Karim Doumbia, le volontariat se porte très bien au Sénégal. «Malgré une conjoncture économique difficile, notre ministère de tutelle, celui de l’Europe et des Affaires étrangères français ne ménage aucun effort pour soutenir le développement quantitatif et qualitatif du volontariat international, notamment celui de la réciprocité qui permet aussi à des jeunes sénégalais de réaliser, d’accomplir une mission de volontariat sur le territoire français», explique-t-il.
Pape Birame Thiam, coordonnateur du Paisd, s’est réjoui pour sa part que des jeunes volontaires français aient cette opportunité de «venir à Matam constater le beau travail de coordination de l’action administrative et d’impulsion pour le développement économique incarné par le Gouverneur». D’après M. Thiam, «il est impossible de parler de la solidarité au Sénégal sans penser à Matam, au Fouta de manière générale» en rappelant que la plus grande communauté sénégalaise établie en France vient de Matam. Poursuivant, il indique que cette communauté est au cœur des actions d’échanges économiques entre elle-même et celles qui sont restées au Sénégal. «Que cela soit dans le secteur de l’éducation, de la santé, des infrastructures sociales de base, Matam a été la première zone d’intervention de la diaspora dans le cadre de l’accompagnement du Programme d’appui aux Initiatives de solidarité et de développement», poursuit M. Pape Birame Thiam. D’après Pape Birame Thiam, cet événement sera inscrit dans les annales et ne sera jamais relégué aux oubliettes car il se situe dans le contexte qui honore et donne du sens à la qualité des relations bilatérales franco-sénégalaises. Il dit : «C’est un moment fait de partage et de communion avec la communauté des volontaires, socle de la solidarité entre deux peuples unis par des liens historiques inébranlables malgré les vicissitudes de l’histoire.» A en croire M. Thiam, en articulation avec les politiques publiques du Sénégal, portées très hautement par le chef de l’Etat, le Président Macky Sall, ce dernier, pour marquer son attachement au volontariat, a donné des instructions à son gouvernement de lui soumettre un projet de loi sur le volontariat, mais aussi un rapport national sur la question et à promouvoir le volontariat, qui s’articule fortement sur les politiques publiques et économiques du Plan Sénégal émergent (Pse).

Intégration et partage d’expériences
Par ailleurs, le conseiller-adjoint de Coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Dakar, Jean-François Aubert-Gilon, venu représenter l’ambassadeur, le sens de cette journée est de mettre à l’honneur, les contributions du volontariat français au développement international durable à travers la mobilité. «Le développement est l’une des priorités de la coopération française au Sénégal et en Afrique, mettant en exergue l’annonce qui a été faite par le Président Emmanuel Macron lors de son discours à Ouaga­dou­gou en novembre 2017», explique M. Aubert-Gilon, qui rappelle que la «représentation diplomatique française au Sénégal, s’efforcera de mettre en œuvre les priorités définies entre la France et les Etats africains», poursuit Jean-François Aubert-Gilon qui rappelle que «le volontariat est une démarche solidaire et France Volon­taire s’engage toujours à proposer des missions en accord avec les besoins locaux et les objectifs du plan Sénégal émergent».
Alice Villemin, volontaire de solidarité internationale, qui partage son expérience à Diourbel, est pétillante de joie. Elle ne dissimule pas son bonheur : «Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est cette communion entre Volontaires français et sénégalais, qu’on ait pu échanger sur nos expériences en France et Au Sénégal.» Insistant sur «l’Ouverture», Alice appelle ses compatriotes à accueillir à bras ouverts les jeunes africains qui veulent venir en France pour leur permettre de saisir les opportunités, d’élargir la famille des volontaires pour que les jeunes qualifiés qui veulent s’investir puissent partager leur expérience, leur culture avec les jeunes français.
France Volontaires a mis en place depuis 2010, un Réseau d’espaces volontariats (Ev). En 2017, 23 Ev sont opérationnels à travers le monde. Ces espaces sont dédiés à tous les acteurs du volontariat. L’Espace volontariats Sénégal, ouvert le 1er juillet 2010, est le centre de ressources, d’information, d’orientation et de conseil sur les volontariats français. Au quotidien, l’équipe de l’Espace volontariats Sénégal travaille sur le développement qualitatif et quantitatif des missions de volontariat. Pour cela, elle organise entre autres des rencontres d’échanges et de partage d’expériences entre les acteurs du volontariat, participe au renforcement de leurs capacités dans des domaines comme le suivi accompagnement de volontaires, l’inter-culturalité, la validation et l’identification des structures,…
La Journée du Volontariat français a été instituée en 2010 par le ministère français des Affaires étrangères. Après les quatre premières éditions à Dakar, les membres ont eu «l’ingénieuse idée» de s’ouvrir aux autres contrées du Sénégal et aller à la rencontre d’autres populations pour mieux connaître les réalités socioculturelles de leur pays d’accueil. La journée, selon M. Doumbia, «a pour objectif de faire connaître et reconnaître les différentes formes d’engagements volontaires et solidaires à l’international».

Matam, les raisons d’un choix
Le thème de cette journée «Ouvrir le monde» fait référence au vivre-ensemble, aux échanges de volontaires et aux dynamiques de chaque pays en matière de volontariat, qui permettent une cohésion à l’échelle globale. A Matam, les volontaires ont eu droit à une veillée culturelle animée par des artistes locaux. Le choix de la région de Matam s’explique par sa position géographique mais aussi et surtout, par la forte présence d’une communauté d’émigrés sénégalais en France originaires de cette zone et qui ont beaucoup investi pour l’essor de leur contrée.

d.dem@lequotidien.sn

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