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Au Sénégal, la Journée internationale des droits de la femme est célébrée chaque année avec les mêmes discours et le folklore qui rythme cet événement. Alors que son but devrait être de faire l’introspection sur les avancées dans la lutte pour le respect des droits de la femme, au Sénégal on a tendance à passer à côté de l’essentiel. L’on gagnerait à revoir la façon de célébrer cette journée en mettant l’accent sur les actions à mener pour améliorer la situation de la gent féminine.

A l’instar de la communauté internationale, le Sénégal a célébré hier la Journée internationale des droits de la femme. Cette journée doit être «un moment privilégié pour permettre aux femmes et aux filles de s’arrêter et de faire leur introspection sur les avancées de leurs droits et pour les acteurs étatiques, les institutions, la société civile de faire le point et de s’engager vers de nouvelles stratégies et actions pour relever les défis auxquels font face les femmes». Seulement, le constat est tout autre dans notre pays où le folklore prend le dessus sur l’essentiel. Chaque 8 mars, des activités sont organisées pour marquer cette journée. Elles sont rythmées par des animations, des femmes habillées de tissus de même couleur qui font oublier le sens de cette journée. Ce folklore autour de la célébration de cette journée prend le dessus sur l’essentiel qui est de parler des droits de la femme, de faire l’état des lieux des avancées notées, des obstacles à l’autonomisation des femmes. Au lieu de ce débat de fond, au Sénégal, chaque année, cette journée est célébrée, mais à peu près avec les mêmes activités que celles des années précédentes. Il n’y a pas d’évolution dans les discours ou dans la manière d’aborder la lancinante question de respect des droits de la femme. Prenons l’exemple de la cérémonie organisée par le ministère de la Femme, de la famille et du genre ! Prévue à 9h, elle n’a démarré qu’à 11h 30, avec les mêmes discours sur le plan ou stratégie du gouvernement pour l’autonomisation économique des femmes. Les discours sont bien beaux, mais il faut arriver à bâtir quelque chose de concret. La meilleure façon de célébrer cette journée serait de dire concrètement ce qui a été fait et quels sont les défis à relever. C’est en mettant l’accent sur les avancées notées qu’on pourra progresser pour arriver «à une société solidaire dans un Etat de droit sans discrimination, où les hommes et les femmes auront les mêmes chances de participer à son développement et de jouir des bénéfices de sa croissance». Pour atteindre cet objectif, il faudra mettre fin aux violences basées sur le genre, à la discrimination en milieu professionnel etc. Cela nécessite des actions, pas des discours tenus chaque année à l’occasion de cette journée de 8 mars et qui sont relégués au second plan pour le reste de l’année.
Certes des panels sont organisés avec des thèmes intéressants sur les droits de la femme, mais ils sont noyés par la tournure folklorique que prend cet événement. L’in­­trospection devrait permettre de revoir la manière avec laquelle cette journée est célébrée pour enfin mettre fin aux violences dont sont victimes les femmes, à la discrimination et veiller à leur autonomisation, bref faire le point sur leurs droits. Le 8 mars est une oc­casion pour magnifier la femme, mais on ne devrait pas oublier l’essentiel : Faire en sorte que le respect de ses droits soit une réalité.
dkane@lequotidien.sn

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