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Comment peut-on dans un pays où se tient chaque année un Festival international de jazz, ne pas célébrer la Journée internationale du jazz ? Pour répondre à cette question, le journaliste culturel et vedette des «matins de Rsi», Alioune Diop, a lancé mardi dernier au Musée des civilisations noires, une manifestation visant à redonner à la Journée internationale du jazz toute sa place au cœur de l’agenda culturel sénégalais…

Réunis au sein de l’espace Penc du Mmusée des civilisations noires, les férus de jazz ont assisté à un spectacle du groupe Jam et un peu avant à une conférence du professeur, germaniste et spécialiste du jazz, Maguèye Kassé sur le thème : «Le jazz productif de Duke Ellington à Omar Sosa.» Organisé en partenariat avec la direction des Arts, le musée des civilisations noires, la maison de l’oralité Kër Leyti et la Rts, cette rencontre a permis de revisiter les grands noms du jazz tels que Miles Davis, Charlie Parker, Sonny Rolly, Dizzy Gillespie, Thélonious Monk, Art Blakey, John Coltrane, Maxine Sullivan, depuis les origines. C’était également l’occasion pour le conférencier de sensibiliser aux vertus du jazz comme outil éducatif, comme force de paix, d’unité, de dialogue et de coopération renforcée entre les peuples et de montrer surtout que le jazz est non pas une musique élitiste, comme le croient certains, mais une musique populaire. Une musique qui a aussi plusieurs connivences avec les arts (littérature, art plastique, cinéma…)
«Nous devons lutter contre l’idée reçue que le jazz n’est que l’apanage des intellectuels… Le blues et le negro-spirit sont à la base du jazz qui est une musique de synthèse entre les rythmes africains et les influences européennes. Le jazz a d’abord fait une entrée fracassante à Chicago. Avant de se diversifier, et requérir de nouvelles approches. Le jazz est une musique universelle mais généreuse qui a inspiré la littérature, le cinéma, l’art plastique… C’est un remède, un levain, un aiguillon…», apprend-on de l’exposé de Maguèye Kassé.
Pour l’initiateur de cette rencontre, Alioune Diop, il s’agit de «rappeler les chaînes de télé et radio à l’ordre» tout en promouvant une musique qui le berce depuis des années maintenant. «Les gens consomment beaucoup de jazz, mais c’est une musique absente de la bande Fm, de l’espace audiovisuel. On l’a aimé étant jeune. Nous suivons le jazz depuis les années 70, c’est normal aujourd’hui si les possibilités nous le permettent de faire en sorte que cette musique connaisse une promotion», a soutenu Alioune Diop, expliquant ainsi les raisons qui l’ont poussé à organiser une telle rencontre.
Poursuivant, M. Diop a également souligné que les jazzmen sont des gens qui ont marqué leur époque. «Ils ont guidé beaucoup de répertoires, orienté beaucoup de concepteurs et créateurs». C’est donc à ses yeux «normal» qu’on revienne sur «ces grandes figures», instrumentistes, trompettistes, saxophonistes, guitaristes, bassistes comme batteurs pour parler d’eux.
«Le jazz a permis à tout un chacun d’avoir une aisance dans le domaine de la composition. Pour maîtriser son instrument, il faut faire du jazz», a-t-il noté, exhortant les radios et les télévisions à jouer le jeu pour permettre aux gens de comprendre ce qu’est le jazz. «Le jazz y a une histoire, une âme, un esprit.» Il est donc question de faire revivre des journées de réflexion, de discussion et d’écoute de belle musique.
aly@lequotidien.sn

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