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L’institution dirigée par Doudou Ndir veut désormais avoir la totalité de son budget 30 jours avant la date du scrutin. En effet, la Cena souligne dans son rapport le retard dans la mobilisation des fonds lors de la Présidentielle du 24 février. Une situation «incommodante» et une «perte progressive» de son autonomie financière. Par ailleurs, l’organe estime qu’il aurait pu être invité, à l’image des membres de la Société civile, au contrôle et à la validation du parrainage.

Globalement, le scrutin s’est déroulé «sans incident ou troubles préjudiciables à la transparence et à la sincérité des résultats», indique la Commission électorale nationale autonome (Cena) dans son Rapport sur l’élection présidentielle du 24 février 2019. Cependant, la Cena veut être… autonome. Finan­cièrement. Dans son rapport sur la Présidentielle du 24 février, elle a relevé «le retard dans la mobilisation des fonds électoraux», même si elle loue «les efforts combinés des services du ministère de l’Intérieur et du ministère des Finances dont l’appui a été, une fois de plus, déterminant». «Malgré l’option d’acheter des cartes ‘’Gold Ecobank’’ pour parer aux impairs de transmission de fonds en direction des Decena, la difficulté de mobilisation de ressources reste persistante. Cet état de fait a d’ailleurs altéré le degré d’opérationnalité et de satisfaction de cette initiative pour les opérations à l’étranger», regrette-t-elle. L’organe de supervision et de contrôle des élections rappelle aussi que «la complexité et la sensibilité des opérations liées au scrutin nécessitent de disposer d’un tableau de bord cohérent». Or, estime-t-elle, «l’absence d’une trésorerie réelle et disponible à temps peut encore annihiler le processus». Si Doudou Ndir et son équipe soulignent que l’application des textes communautaires a «induit la suppression d’une ligne budgétaire spécifique à la Cena et sa classification sous tutelle organique du ministère de l’Intérieur», ils considèrent que cette situation «incommodante» a pour conséquence «la perte progressive de l’autonomie financière de l’institution». Le rapport fait la recommandation suivante : «La Cena gagnerait à recevoir la totalité de son budget dans les meilleurs délais pour une gestion optimale des impératifs liés au scrutin présidentiel. Sous ce rapport, un délai de trente jours avant la date du scrutin paraît être une proposition acceptable compte tenu des enjeux liés à la gestion de la trésorerie de l’Etat.»

Parrainage
Beaucoup s’étaient étonnés que la Cena n’ait pas été associée au contrôle et à la validation du parrainage, «bien que cette séquence soit partie intégrante du processus électoral». Pierre Goudiaby Atépa et Samuel Sarr avaient d’ailleurs saisi l’organe dans ce sens sur la base des articles L.5 et L.6 «aux fins de se faire rétablir dans leurs droits», après avoir été recalés par le Conseil constitutionnel. Mais la Cena leur avait opposé l’article 29 de la Constitution et les articles L.57 et L.118 du Code électoral qui «donnent au Conseil constitutionnel des prérogatives exclusives en matière de réception et de contrôle des parrainages». Par conséquent, elle a estimé qu’elle ne peut donc, «en aucune manière et à aucun moment du processus de validation des candidatures à l’élection présidentielle, faire prévaloir sa mission de contrôle et de supervision du processus électoral». Toutefois, conclut la Cena, «pour avoir voulu faire preuve d’ouverture et de transparence en invitant des membres de la Société civile en qualité d’observateurs, le Conseil constitutionnel aurait pu en faire de même avec l’organe de contrôle et de supervision du processus électoral».
hamath@lequotidien.sn

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