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Le Sénégal, à l’instar de la communauté sud-africaine et internationale, a célébré hier Nelson Mandela, décédé le 5 décembre 2013 à l’âge de 95 ans. Le héros de la lutte anti-apartheid et ancien Président de l’Afrique du Sud et ex-pensionnaire de Robben Island, aurait fêté hier ses 100 ans. Il a été donné en exemple aux étudiants de l’Ucad où son héritage a été magnifié.

Nelson Mandela aurait eu 100 ans, hier. A Dakar comme partout ailleurs dans le monde, l’ex-Président sud-africain a été célébré à la hauteur du symbole qu’il fut dans la lutte contre l’apartheid. Aux yeux pourtant du directeur de Cabinet du ministre de la Culture, Lamine Sarr, «ça ne suffit pas». Que faire alors ? Il voudrait en effet que les idéologies portées par Madiba et ses actions soient véhiculées de telle sorte que la jeunesse puisse se les approprier et mener le développement du continent. «Mandela est parti, mais il y a un héritage qui est là. Une documentation à faire sur l’héritage de Mandela et cela incombe aux universitaires qui ont l’apanage de la recherche. Il appartient aux universités de bien documenter cet héritage et travailler à introduire cet héritage dans les curricula, aussi bien au niveau de l’enseignement élémentaire, que du moyen et du secondaire et même à l’université. Qu’il y ait des thèmes de recherche sur l’apartheid, les systèmes de recherche sur l’héritage de Mandela, la philosophie de Mandela. Et que cela soit enseigné dans les établissements à tous les niveaux. C’est une documentation à faire avec les instituts de recherche», a lancé M. Sarr, le Dc du ministre de la Culture, en marge de la Journée internationale Nelson Mandela qui s’est déroulée hier à l’Ucad 2. Il estime que Madiba est une espèce rare, il mérite d’être porté au pinacle et être donné en exemple à la jeunesse africaine. «Mandela, c’est l’exemple type de la tolérance, du leadership africain accompli, c’est l’exemple de quelqu’un qui a subi toutes les brimades dans le monde, qui a vécu en prison pendant 27 ans, qui est venu au pouvoir et qui a su pardonner», dit-il, en retraçant du coup le parcours de l’ex-Président sud-africain, décédé le 5 décembre 20013.
Restant sur cet héritage, Aliou Sow, l’ancien ministre de Jeunesse et auteur d’une thèse sur Nelson Mandela, a magnifié l’action de Madiba qui, au-delà de son combat contre le système de ségrégation raciale, instauré par le colon, a su réconcilier et diriger son Peuple.
Aujourd’hui, le contexte mondial est marqué par des vagues massives de flux migratoires, de manipulation de Constitutions et de textes taillés à des fins personnelles, de détournements de fonds publics massifs, de tentatives de confiscation du pouvoir. Par conséquent, M. Sow soutient que l’Afrique a plus que jamais besoin de repères, d’exemples concrets pour se soustraire de ces menaces. Au vu de son combat, de ses souffrances, de son endurance, des privations et humiliations qu’il a subies avant de pardonner, Nelson Mandela serait bien ce repère surtout pour la jeunesse africaine. «Com­me Madiba, les jeunes doivent croire en eux-mêmes, en leurs potentialités, à leur pays et savoir que les pays qui les attirent et où ils se rendent avec les risques que l’on connait viennent encore se ravitailler en Afrique. Ils viennent en Afrique pour consolider leur économie, et leur capacité», a-t-il confié.
Présent à cette journée, l’ambassadeur de l’Afrique du Sud au Sénégal, Lenin Shope, a annoncé qu’un partenariat sera scellé entre l’Afrique du Sud et le Sénégal pour jumeler Robben Island, l’île où Nelson Mandela a séjourné pendant 27 ans et l’île de Gorée, symbole de la traite négrière. Et que très prochainement le Président d’Afrique du Sud sera en visite au Sénégal.
aly@lequotidien.sn

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