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Les habitants de Bargny qui contestent l’installation d’une centrale à charbon dans leur localité devront se faire une raison. Selon le directeur général de la Senelec, le Sénégal n’a pas encore les moyens de renoncer aux énergies fossiles.

Les populations de Bargny devront se faire une raison. La construction de la centrale à charbon va se poursuivre. Selon le directeur général de la Société nationale d’électricité (Senelec), Mouhamadou Makhtar Cissé, la question est tranchée, puisque le projet est fini à 70%. M. Cissé qui a réagi sur cette question en marge de la cérémonie de lancement du Nouveau système d’information de la clientèle (Nsic) de sa société s’est voulu on ne peut plus claire. «Cette centrale date de très longtemps. Elle est finie à 70% et c’est l’Etat qui a pris la décision. (…) Je sais que toutes les procédures ont été respectées. Vous croyez que les gens vont venir investir au Sénégal plus de 100 milliards de francs Cfa s’ils n’ont fait aucune étude, s’ils n’ont aucune autorisation ?» Le Dg de la Senelec ne mâche d’ailleurs pas ses mots pour exprimer son opinion. «J’estime que ce projet est bon pour le Sénégal. (…). Est-ce qu’on a respecté la loi ? Est-ce qu’on a respecté les procédures et les normes ? A ces trois questions, je réponds oui. Maintenant, le reste c’est un débat.» Un débat que Makhtar Cissé pose autour de l’impérieuse nécessité d’utiliser des énergies fossiles. Selon M. Cissé, à l’heure actuelle, il est juste impossible d’utiliser exclusivement des énergies propres. «Il y a toujours des gens qui pensent qu’il faut mettre des éoliennes et des panneaux solaires partout, mais techniquement c’est impossible. Vous imaginez bien que s’il était possible d’avoir de l’énergie propre partout, les gens le feraient. Pourquoi ils vont acheter du gasoil cher et polluer alors qu’il y a le soleil ? C’est que techniquement, c’est impossible. On ne peut pas avoir une électricité sans une base thermique, sauf si vous avez de l’hydroélectricité. Et malheureusement, nous n’avons que Manantali pour l’hydroélectricité. Il n’y a aucune autre solution que de faire du thermique en attendant que le gaz arrive et permette de transformer la centrale à charbon au gaz.» Une option qui n’est pas écartée, indique le directeur général de la Senelec qui dit sa préoccupation environnementale.
mamewoury@lequotidien.sn

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