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A l’arrêt depuis bientôt 3 mois, la centrale à charbon de Sendou devait être transformée de manière à pouvoir fonctionner au gaz qui devrait revenir au Sénégal. Or, l’entreprise qui devait se charger de cette opération connaît de sérieuses difficultés financières aux Etats-Unis, et la Senelec ne semble pas avoir de perspectives pour une remise en route prochaine de cette centrale dont l’énergie était la plus polluante mais aussi la plus bon marché de son dispositif.

Pendant longtemps, les autorités sénégalaises ont voulu faire passer la pilule de la centrale à charbon de Sendou auprès des populations de Bargny et des environs en leur déclarant qu’une fois que le pays commencera à produire du gaz, la centrale pourra fonctionner au gaz. Donc polluerait moins et présenterait moins de dangers pour l’environnement. Cette centrale à charbon, dont la construction avait été lancée du temps du Président Wade, dont l’obsession avait été de résoudre l’équation des coupures de courant. Elle a été approuvée et reçu le financement des organismes comme la Banque africaine de développement, qui a mis environ 50 milliards dans l’opération.
Après moult péripéties, la centrale à charbon, qui avait commencé à fonctionner en 2018, a été arrêtée en 2019, sans aucune explication officielle. Les dirigeants de Senelec avaient dit à la fin de 2019, que la centrale était arrêtée en attendant d’être transformée en centrale à gaz.
Néanmoins, Le Quotidien a fini par apprendre que l’une des véritables raisons de l’arrêt a été l’inexistence des infrastructures de réception et de stockage de charbon devant servir de combustible à la centrale. Néan­moins, malgré le silence des différents protagonistes, les seuls perdants de l’affaire sont les contribuables sénégalais. En effet, on sait que cette centrale de Sendou était censée fournir à la Senelec près de 40% de son électricité.
De plus, l’opérateur américain Mc Dermott, qui travaille avec le consortium BP-Kosmos à la réalisation des infrastructures pour l’exploitation du gaz de Grand Tortue Ahmeyin (Gta), connaît des sérieuses difficultés au Etats-Unis, et la viabilité de l’entreprise est même menacée. Si BP Sénégal se veut rassurant quant à la poursuite de sa collaboration avec BP, cela ne semble pas être le cas pour la centrale de Sendou, exploitée par la Compagnie d’électricité du Sénégal (Ces), pour le compte de Senelec.
C’est en effet, la même entreprise qui est censée aider à remplacer les turbines à charbon installées à Sendou par du matériel pouvant fonctionner au gaz. Si on ajoute à cela le fait que le gaz sénégalais n’est pas censé sortir de l’eau avant 2022, on peut se demander si cette centrale de Sendou, dont les pouvoirs publics continuent de payer à l’opérateur ses frais, tout en remboursant les prêts des bailleurs, sera jamais autre chose qu’un autre éléphant blanc !

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