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Mardi après-midi à Moscou, au coup d’envoi du premier match de Coupe du monde des Lions de la Teranga face à la Pologne (2-1), ils étaient trois : Idrissa «Gana» Guèye, Ismaïla «Izo» Sarr et Sadio Mané. Trois «académiciens» issus de structures de formation typiquement sénégalaises : Diambars pour le premier, dirigé par Saër Seck, Génération Foot de Mady Touré pour les deux autres. En Russie, Diambars délègue Idrissa Gana Guèye, Pape «Badou» Ndiaye et Kara Mbodji. Sans une blessure, Saliou Ciss aurait également été de ce grand rendez-vous. Génération Foot est représenté par la star nationale Sadio Mané, Diafra Sakho et Ismaïla Sarr, trois éléments offensifs.
C’est évidemment le résultat très positif d’un long cheminement pour ces deux structures qui n’ont cessé de travailler en faveur du football sénégalais depuis tant d’années. Naturellement, l’émergence de ces six talents présents dans la Tanière n’est pas sans nous rappeler d’autres gamins très doués, les Académiciens de Jean-Marc Guillou, issus de Mimosifcom, intégré à l’Asec d’Abidjan, qui avaient largement contribué à la première qualification des Eléphants ivoiriens pour le Mondial 2006 en Allemagne. Puis récidivé en 2010 et 2014.

Un destin similaire à la génération dorée ivoirienne ?
Pour ce football sénégalais qui repose aussi localement sur l’émergence de talents au sein des «navétanes», ces tournois organisés traditionnellement durant la saison des pluies, c’est évidemment une évolution majeure. Un autre élément, le jeune latéral Moussa Wagué est également issu d’une structure de formation, Aspire (qatarienne, celle-là…), basée à Dakar et qui lance ses joueurs en Europe du côté de Kas Eupen (Belgique). En comparaison, la joyeuse bande des «Sénégaulois» de feu Bruno Metsu en 2002 avait grandi en majorité au cœur du système de la formation française, dont ces joueurs étaient aussi les enfants. Rappelons quand même que plusieurs héros de 2002 sont passés par la structure Aldo Gentina de Dakar, longtemps partenaire de l’As Monaco, parmi lesquels Amdy Faye, Tony Sylva, Moussa Ndiaye, Salif Diao et Souleymane Camara.
Pour l’anecdote, Diambars a été porté sur les fonts baptismaux en février 2003, quelques mois seulement après l’épopée des Lions de 2002. Quant à Génération Foot, cet «incubateur à talents», partenaire du Fc Metz depuis 2003, a été créé en 2000 et il a pour technicien le Français Olivier Perrin. Au même titre que Génération Foot qui s’enorgueillit d’une centaine de joueurs passés par son système, en particulier son icône Sadio Mané, finaliste de la Ligue des champions avec Liverpool, Diambars, cher au cœur de Bernard Lama, Jimmy Adjovi Boco et Patrick Vieira (ses autres pères fondateurs) trouvera dans ce grand festin mondial matière à encouragements. C’est qu’au-delà des excellents footballeurs formés, ce sont avant tout des hommes qui sont mis en valeur à travers ces structures. On espère de tout cœur que ce n’est que le début de leur épopée russe. Et on leur souhaite un parcours identique à celui des académiciens ivoiriens, dont les derniers rescapés (Yaya Touré, Copa Barry, Salomon Kalou, Siaka Tiéné, Gervinho) finirent par remporter un titre : la Coupe d’Afrique des Nations en 2015.
Ff

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