PARTAGER

Après 40 ans, le village de Mandégane, situé dans le département de Bignona, région de Ziguinchor, va accueillir en juillet-août la cérémonie du bois sacré, communément appelée Bukut en diola. Avant ce grand rendez-vous, cette partie de la communauté diola organise dans les jours à venir une cérémonie d’initiation de ses enfants qui sont attendus cette année en Casamance.

En Afrique, chaque communauté détient un trésor culturel. Au Sénégal, chez les Diolas, on garde jalousement ce que l’on appelle le Bukut. Il est appelé bois sacré en français. Ce mot composé seulement de deux syllabes revêt une très grande signification en pays diola. Pendant cet événement, les enfants de cette communauté basée en Casamance sont initiés à la vie. En effet, les vieux transmettent les secrets légués de génération en génération aux plus jeunes lors de ces moments de pure tradition. Cette année, Mandégane, village situé dans le département de Bignona, région de Ziguin­chor, va accueillir les festivités.
Les familles Bodian, Sagna, Diédhiou, Coly, Sané, Goudiaby, Diémé, Badji seront les hôtes. Prévu fin juillet et début août, les préparatifs vont d’ores et déjà bon train. Les fils de Mandégane actuellement à Dakar ou partout ailleurs sur le territoire national se mobilisent comme un seul homme pour la réussite de l’événement. En prélude à ce grand rendez-vous, la localité de Keur Massar se prépare à donner un avant-goût de ce rituel. Vendredi après-midi, la maison de Mamadou Sané, sise dans cette partie de la banlieue dakaroise, a été le point de regroupement des organisateurs. Le salon a été trop petit pour contenir les femmes venues nombreuses autour de trois hommes. Idrissa Edy Bodian, originaire du village, explique : «Les choses se déroulent ici à Dakar d’abord. C’est l’initiation, c’est-à-dire l’apprentissage des enfants à la danse, aux différentes sortes de danses. On les appelle les rites.»

Les préparatifs
Selon cet enseignant d’anglais, la rencontre de Dakar est une sorte de répétition. Il dit : «Cela permet à l’enfant de se préparer. Parce qu’au retour, nous allons tous descendre au village en juillet. Tous les enfants du village, qu’ils soient aux Etats-Unis, en Gambie, partout dans le monde, reviendront. Donc, ces enfants seront prêts à répondre à ces genres de rites ou à ces pas de danse dont on fait usage dans le bois sacré.» Une fois en Casamance, les initiés auront droit à recevoir le legs. «Il y a la famille Diédhiou qui donne les bracelets noirs. Il y a d’autres familles qui soignent par exemple les maladies comme la cataracte, ainsi de suite. Donc, chaque famille se réunit pendant cette cérémonie pour dire à ces jeunes initiés, voilà ce que nous ont donné nos ancêtres. Autrement dit, c’est le legs du savoir de génération en génération», raconte M. Bodian.
A en croire cet initié, «c’est un événement qui ne s’organise pas n’importe comment. Il y a ce que l’on appelle le groupe des sages. Ces derniers sont les vieux qui ont assisté au moins deux ou trois cérémonies de Bukut. C’est-à-dire les gens qui ont à partir de 70 jusqu’à 80 ans. Ce sont ceux-là qui disent telle date nous allons organiser le bois sacré. Parce que cela se fait de village en village». Aussi, les ressortissants du village de Mandégane à Dakar lancent-ils un appel aux autorités pour un appui financier et matériel pour l’organisation de l’édition 2017 du bois sacré. En attendant la réponse à cette sollicitation, les ressortissants de Mandégane à Dakar convient tout le monde à Keur Massar dans les jours à venir pour le lancement des festivités. Toutes les facettes de la culture diola de cette contrée seront exhibées. Ça promet du feu !
msakine@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here