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Phénoménal ! Le Sénégal l’a été vendredi dernier à la cérémonie de clôture de la 17e édition du Clap Ivoire. La fiction «Une place dans l’avion» de Khadidiatou Sow a raflé le grand prix Kodio Ebouclé et 4 autres prix spéciaux : celui du meilleur son, de la meilleure photographie, du public, de la meilleure interprétation féminine et la bourse Canal+ pour le suivi de son œuvre. De toute l’histoire du Clap Ivoire, c’est certainement la première fois qu’un court métrage remporte autant de prix et de succès. Le jury, le ministre ivoirien de la Culture et le directeur de la Cinématographie du Sénégal ont tous salué la qualité de ce film.

Khadidiatou Sow n’est pas près d’oublier le soir du vendredi 8 septembre 2017. C’était pour elle et son court métrage Une place dans l’avion la soirée de la consécration. Quand le maître de cérémonie déclare «Khadidiatou Sow, prix du public», la cinéaste reçoit son prix et va s’asseoir à sa place. Elle est encore appelée à rejoindre le podium pour recevoir cette fois-ci le prix du meilleur son. Perchée sur ses talons, la jeune réalisatrice fera cinq fois des aller et retour entre son siège et le podium pour recevoir les 5 prix que son court métrage a reçus à la 17e édition du Clap Ivoire : «Prix meilleur son, prix meilleure photographie, prix du public, prix de la meilleure interprétation féminine et le grand prix Kodio Ebouclé qui récompense la meilleur œuvre toutes catégories confondues.» De toute l’histoire du Clap Ivoire, c’est certainement la première fois qu’un court métrage rencontre autant de succès et de prix, et le présentateur, de même que le public n’en revenait pas. A chaque fois qu’on l’appelait sur le podium, tous avaient les yeux écarquillés et la lauréate, elle-même, n’en revenait pas. Mais pour le jury, tous ces prix étaient bien mérités. «Le grand prix Kodjo Ebouclé est revenu au pays qui a mis l’accent sur la créativité et la recherche : le jeu des acteurs, la qualité de l’image, photographie, les repérages dans la réalisation de ces films. C’était vraiment un travail de professionnels. Ce film renferme et le son et l’image, le repérage, le jeu des acteurs, les intrigues, c’est vraiment un film complet. Bravo à ce pays !», avait déclaré le président du jury, Bony Assi, avant même que le nom de la lauréate du Grand prix ne soit connu. Rappelant les critères de sélection sur lesquels se sont basés les membres du jury, notamment la qualité du scénario, l’image, le son, la post-production, c’est-à-dire le commentaire, le montage, les effets spéciaux, le mixage, il a noté que «le jury a insisté sur la qualité, l’innovation, la créativité, l’effort dans le jeu d’acteur, l’interprétation des rôles et la pertinence des thématiques développées. Il y a eu de très bons scénarios, beaucoup de recherches dans l’image. On a vu que des jeunes gens se sont fait conseiller par des professionnels du métier pour réussir ce travail», a-t-il poursuivi.

Une œuvre de qualité et très professionnelle
A sa suite, le ministre ivoirien de la Culture et de la francophonie, Maurice Kouakou Banda­man, a reconnu toute la qualité attachée à l’œuvre produite par la réalisatrice sénégalaise, insistant surtout sur la thématique abordée. «Pour que nos jeunes sur le continent puissent trouver les moyens de réaliser leurs rêves, nous avons le devoir de les retenir sur nos territoires afin qu’ils cessent d’être les proies de la Méditerranée, de nourrir cet espoir fallacieux que c’est ailleurs qu’ils vont trouver mieux. Nous avons le devoir de transformer nos terres, nos pays en paradis pour ne pas que nos enfants aillent mourir dans l’enfer de la Méditerranée. C’est bien, la thématique d’Une place dans l’avion que j’ai eu le bonheur de regarder», a-t-il confié, adressant ses vives félicitations à la lauréate du grand prix Kodjo Ebouclé ainsi qu’à toute son équipe, notamment son producteur, le directeur de la Ciné­matographie Hugues Diaz et l’homologue de ce dernier, le ministre de la Culture du Séné­gal. «M. Diaz, transmettez mes félicitations à Oumar Sall. J’apprécie le travail de ce producteur exemplaire», mentionnant que c’est grâce à ce dernier que le Sénégal a remporté en 2013 et 2017 l’Etalon de Yennenga du Fespaco. Et aujourd’hui, Oumar Sall produit Khadidiatou Sow qui remporte le grand prix Clap Ivoire. «Voyez-vous la qualité ? La qualité du travail s’impose partout. Ce film, Une place dans l’avion, peut se vendre partout», a-t-il renchéri.

«C’est une autre voie qu’elle nous donne…»
A côté de la lauréate, le directeur de la Cinématographie du Sénégal a exprimé sa fierté et son émotion face au discours du ministre Bandaman. «J’ai été ému par le discours du ministre qui a salué le professionnalisme de Cinekap et le producteur de Khadidiatou Sow qui se trouve être aussi celui de Alain Gomis, et qui est très professionnel.» Mais le scénario de Khadidiatou Sow n’en demeure pas moins un bon scénario. «En 2015, ce scénario avait séduit l’ensemble des collèges de lecteurs. Cet ensemble a eu un coup de foudre pour ce projet de film», se rappelle-t-il. C’est donc, aux yeux de M. Diaz, le professionnalisme de la maison de production combiné à un soutien de sa direction et à la créativité de la réalisatrice, (styliste et artiste plasticienne), son expérience sur les plateaux des grands films, la pertinence du sujet et son approche novatrice qui ont fait la différence. «Khadidiatou Sow sort du genre habituel. En profondeur, l’histoire, la thématique même est un sujet sérieux. C’est une autre voie qu’elle nous donne face aux marchands d’illusions, qui disent : ‘’Voici des visas, mais voici des réponses’’. Son approche, assez innovante, nouvelle et novatrice a payé dans ce festival.»
Au terme de Clap Ivoire, la réalisatrice d’Une place dans l’avion est repartie avec ses 5 prix d’une valeur de 7 millions de francs Cfa environ et d’une bourse de Canal+ de 2 millions de F Cfa pour le suivi de son œuvre.

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