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«Je ne cours pas après le ballon rond, je cours après les hommes qui courent après le ballon», Mawade Wade, expert mondial du football
Seuls la prouesse et le génie balle au pied, ou l’habileté et les plongées spectaculaires comptent ici, c’est le seul critère qui vaille, mieux vaut gagner avec la manière. Le football est un sport artistique depuis sa réinvention par les Hongrois qui ont inventé la générosité, les échanges spectaculaires avant les Brésiliens, les premiers systèmes de jeu viennent de l’Autriche et de Grande Bretagne avec le fameux WM. Le football moderne est né en Hongrie. Autrefois, dès sa création par les Anglais, c’était un sport brut, très brutal, rébarbatif et inachevé, mais c’est le génie des Anglais d’avoir inventé ce sport collectif, des millénaires après que les Chinois ont imaginé un jeu balle au pied, mais avec la complicité de la main humaine.
C’est alors que des génies apparurent sur le tard, sortis d’on ne sait où et sur tous les continents, dans tous les terrains de jeu. Qui leur a appris à jouer comme ça ? Personne ! Ils font tout simplement plaisir et chavirer le cœur des nombreux aficionados du ballon rond. Tous ceux qui connaissent le football ont un jour rencontré un diable du ballon rond. La plupart sont méconnus. Et c’est mieux ainsi. Qui connaît le génie de Baba Touré en dehors du Sénégal ? Peut-être le meilleur artiste sénégalais de tous les temps, avec les Fadel Fall, Mbaye Fall, Séga Sakho, Birame Ngom le Tivaouanois du Djaraff de Dakar, Oumar Guèye Sène, El Hadji Diouf et d’autres illustres inconnus. Ils ont souvent eu un destin particulier.
Certains parmi eux, très chanceux, ont eu une carrière internationale et même remporté la Coupe du monde. Parmi les plus valeureux génies ayant remporté la Coupe du monde, on peut citer le plus grand, Pelé, le footballeur le plus complet de tous les temps, tant au plan athlétique qu’au niveau du génie créateur, c’est lui qui a inventé beaucoup de choses qui se font aujourd’hui. Il est le premier footballeur à jouer et exploiter le ballon de la semelle, ce fut une révolution comme le geste de son compatriote Rivelino qui a inventé ce que les jeunes d’aujourd’hui appellent le «flip-flap» particulièrement usité par Ronaldiho, Ronaldo et Ibrahimovic, son autre compatriote, le dribbleur hors-pair Garrincha, Léonidas le meilleur buteur de la Coupe du monde 1938 avec huit buts, et Tostao le génie qui a très tôt arrêté de jouer à cause d’un accident. Il a reçu le ballon à l’œil ce qui l’a définitivement éloigné des terrains. C’est le premier «Pelé blanc» avant le génial Zico, ensuite Maradona l’extraterrestre, peut-être le meilleur footballeur de tous les temps avec Pelé. Malheureusement, l’Argentin ne jouait pas de la tête comme Pelé, mais cela ne fait rien, il jouait avec beaucoup de folie et de grâce en même temps. Certains joueurs, comme les Allemands Horst Hrubesch et Uli Hoeness n’ont existé que par leur jeu de tête. Jules Bocandé est l’un des meilleurs artistes de la tête que je n’ai jamais vus. Zinedine Zidane, Ronaldinho et Lionel Messi, qui ne l’a pas encore remporté, sont peut-être des revenants, d’anciens footballeurs revenus enseigner aux jeunes comment faire plaisir. Tous les deux sont très étranges sur le terrain et dans la vie.
Ont remporté la Coupe du monde, Oswaldo Ardiles, le virevoltant dribbleur argentin de la Coupe du monde 1978, le meilleur demi-relayeur avec le Français Jean Tigana, Franz Beckenbauer le plus grand libéro de tous les temps, c-à-d un défenseur central libre, il était à la défense ce que le «numéro 10» représentait au milieu, tout le monde se souvient de sa fêlure de la clavicule contre l’Italie pour être monté allègrement, comme il savait le faire, afin d’apporter sa créativité. Ce qui ne l’empêcha pas de continuer et de remporter le match alors qu’ils étaient menés 4 buts à 2 à deux minutes de la fin, le surnom de Kaiser lui va tout bien. Pierre Littbarski, l’un des meilleurs artistes allemands de tous les temps, qui a remporté l’édition de 1990 en Italie avec la Mannschaft. Depuis lors, je n’ai pas vu un allemand qui possède ce style de jeu. Ni Olaf Thon ni Rudi Voller encore moins le ballon d’or Mathias Sammer n’avaient son talent. Le talentueux gardien italien devenu une légende, Dino Zoff, et le génial gaucher Bruno Conti ont remporté España 82, et les deux gardiens les plus spectaculaires, Gordon Banks qui a remporté la coupe en 1966 avec l’Angleterre, et Maier, «le chat» allemand en 1974 contre la Hollande. Gordon Banks est l’auteur de l’un des arrêts les plus étonnants de l’histoire du football, c’était en 1970 contre Pelé, une terrible tête de Pelé.
Mais le plus malheureux et l’histoire du football est ainsi faite, ce sont ces génies authentiques du football qui n’ont jamais remporté la Coupe du monde. La liste est plus moins longue et ce sera la suite : Ferenc Puskas, Lev Yachine, Larbi Ben Barek, Salif Keïta, Johann Cruyff, Abdel Razaq, Golden Ball, Oleg Blokhine, George Best, Berndt Shuster, Lakhdar Belloumi, Jay Jay Okocha, Abedi Pelé, Di Stephano, Socrates, Zico, Thomas Nkono, José Touré, Enzo Scifo, Allan Simonsen, Soren Laudrupp, Denis Berkamp, Oumar Guèye Sène, Robbi Renzenbrink, Marco Van Basten, Eric Cantona, Robert Prosinecki, Samuel Opoku Nti et Tarak Dhiab ( A suivre).

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