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Il y a eu de grandes décisions et des investissements qui ont été faits en 2016 et qui ne manqueront pas d’avoir d’impacts sur l’année 2017. Ces décisions annoncées en grande pompe sont attendues avec espoir et les fruits des investissements devraient participer à une meilleure promotion de la chose culturelle.

En 2016, le monde de la culture a connu de grandes avancées, avec les multiples décisions du chef de l’Etat et de son gouvernement. Présidant l’ouverture de la 12ème édition de la biennale Dak’art, Macky Sall avait en effet annoncé que le budget de la prochaine biennale serait porté à 500 millions de francs Cfa, pour la rendre «plus attractive», «plus performante» et «renforcer sa dimension professionnelle». Le 1er ministre annonçait lui aussi dans la même veine, une augmentation du Fonds d’aide à l’édition porté à ½ milliard de francs Cfa. L’année 2016 a été également marquée par l’annonce du retour du grand Prix du chef de l’Etat pour les arts et pour les lettres et par l’avènement du  Fonds de développement des cultures urbaines. Plafonné à 300 millions de francs Cfa, ce fonds placé sous la tutelle du ministère de la Culture devrait encourager la créativité des acteurs réunis autour de la culture urbaine.
Au cours de l’année 2016, on a également noté une avancée au sujet du projet de loi portant création du code de la presse. Depuis son introduction à l’Assemblée nationale, ce projet de loi n’avait pas trouvé de consensus en raison du point portant sur la dépénalisation des délits de presse. Mais au sortir de l’atelier de partage et d’adoption du projet de ce code de la presse qui s’était déroulé à Saly-Portudal, le ministre de la Culture et de la communication, Mbagnick Ndiaye, soutenait que «Ce n’est plus un point de cristallisation qui empêcherait l’adoption du projet de Code de la presse». Il faut rappeler qu’en plus d’avoir réussi ce challenge, son département, malgré les nombreux impairs, à fait opérer une belle transition entre le Bureau sénégalais des droits d’auteur et la Société des droits d’auteurs et droits  voisins (Sodav). Ces nombreuses avancées, ajoutées au nouveau budget de son ministère, une coquette somme de 27 milliards de francs Cfa, devrait permettre au monde de la culture de vivre culturellement une année 2017 sans grandes difficultés.

En attendant la réception du Musée des civilisations noires
Certes, des appétits gloutons s’activent déjà depuis plusieurs mois autour du prochain Musée des civilisations noires. Nom­breux sont ceux qui n’attendent que son inauguration, pour en 2017, se satisfaire de leurs ambitions. Depuis la cérémonie de remise des clés le mardi 26 janvier dernier, en présence du ministre de la Culture et de la communication, Mbagnick Ndiaye, et du vice-ministre chinois du commerce, Qian Keming, les tractations vont bon-train. Entre fonctionnaires du ministère et acteurs culturels privés, tous les regards sont tournés vers cet imposant joyau dont l’ouverture des portes était annoncée pour le 26 novembre dernier. Cela n’a plus été le cas. Pour quelle raison ? Les autorités n’ont pas encore jugé utile de communiquer là-dessus. Mais sur le site internet du gouvernement sénégalais, cette date annoncée en grande pompe reste encore figée comme si le temps s’était arrêté à la porte de cette nouvelle infrastructure culturelle dont le Sénégal a rêvé 50 ans durant.
En réalité, l’idée, énoncée par le président Senghor, dès 1966, après le premier Festival mondial des arts nègres, avait été abandonnée faute de financements. Elle a été enfin mise en œuvre en 2009 sous le Président Abdoulaye Wade, avec l’appui de la coopération chinoise. Un rêve vieux de 50 ans, qui vient donc d’être construit juste à côté du Grand Théâtre national et qui est composé de salles d’expositions, de salles de conférence, de locaux administratifs, de réserves, d’un atelier de conception des expositions, d’un espace polyvalent et d’un auditorium. Quel sort ? Quel contenu ? Quelle gestion pour cet établissement culturel ? Le ton est donné. Son directeur, Hamady Bocoum a annoncé vouloir en faire «un modèle unique en son genre». Il indiquait que l’objectif c’est de créer une école muséale qui ne sera la copie d’aucune autre. En tout cas, si on ouvre les portes en mai prochain comme on le chuchote dans les couloirs du ministère, il faudra véritablement des compétences diverses, et spécifiques, alliées à un budget conséquent pour porter haut l’ambition. Déjà, une convention de partenariat d’une durée de 5 ans a été signée avec la direction du nouveau musée et le Musée Jacques Chirac du Quai Branly, en marge de la visite officielle du Président Macky Sall en France. «Nous anticipons sur ce que nous allons faire dans les années à venir pour des collaborations formalisées avec nos partenaires. Cette convention est un cadre général qui porte sur l’organisation d’exposition, l’échange d’expertise, la publication de documents, l’organisation de rencontres scientifiques, la formation, entre autres», avait indiqué Hamady Bocoum. Le ton est donné avec la nomination en Conseil des ministres mercredi dernier du muséologue Ousmane Sow Huchard comme Pca de ce nouveau musée et Mor Seck qui en assurera le secrétariat général.

1966-2016, le souvenir des cinquantenaires
En avril 2016, Dakar a vibré aux souvenirs du 1er Festival mondial des arts nègres.  Le cinquantenaire a été célébré de façon symbolique. En effet, un groupe d’intellectuels sénégalais, regroupés au sein de la Communauté africaine de culture Sénégal (Cacsen) sous la houlette de son président Alpha Amadou Sy, philosophe et écrivain, et du professeur Saliou Mbaye, ancien directeur des Archives nationales et président du Comité scientifique du colloque, a initié cette commémoration à travers plusieurs activités. A côté de l’exposition initiale dont le vernissage s’est tenu au Musée Théodore Monod, une cérémonie officielle d’ouverture à Sorano en plus de forum et du colloque international ont drainé du beau monde. Le président de la République a apporté son témoignage et son soutien à l’évènement. Il y a eu notamment la projection du film consacré au 1er festival mondial des Arts Nègres, intitulé African Rhytmus.
La Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano a aussi célébré  au cours de l’année 2015, le cinquantenaire de l’inauguration de ses locaux et du démarrage de ses activités. Pendant un an (2015-2016), des manifestations artistiques, des expositions, des rencontres intellectuelles et des projections de films ont animé Dakar et les autres régions. L’évènement de portée internationale, visait à magnifier et à promouvoir les multiples facettes de la création artistique et des artistes sénégalais, dans un esprit d’ouverture au monde.

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