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La réussite pour bon nombre de Sénégalais se résume à l’acquisition d’une voiture tout terrain et à la construction d’une villa cossue. Cette perception est bien minimaliste pour un esprit visionnaire et entreprenant. Il est vrai que la possession de ces biens participent peu ou prou à améliorer notre cadre de vie et à soulager le travailleur en ce qu’il lui facilite sa mobilité et le met à l’abri des stresses causés par les échéances rapprochées et pesantes des locations.
En somme, cela participe au maintien de l’équilibre familial. Mais il n’en demeure pas moins que les projets de la vie ne doivent pas se limiter strictement à ces deux réalisations. Puisque la voiture se déprécie au fil des années, elle perd forcément sa valeur et son utilité avec le temps si elle n’est pas renouvelée. La maison, par contre, a plus de chance de survivre longtemps, mais va à coup sûr perdre toute sa splendeur si elle est mal entretenue. Le terrain reste le seul acquis dont la valeur accroît d’année en année. C’est pour ainsi dire que les biens auxquels nous attachons une importance capitale au point de focaliser toute notre épargne n’ont pas une garantie éternelle. L’éducation des enfants devient alors la seule alternative pouvant assurer la survie et, en même temps, le renforcement de ces réalisations. Nous assistons souvent à la déchéance de famille riche, du fait d’une mauvaise gestion des héritiers. Le scénario contraire nous est aussi familier puisqu’un «gorgorlou» se débrouille avec le peu de revenus dont il dispose aux fins ultimes d’assurer la Dq pour sa progéniture. Ce dernier a vu tous ses efforts récompensés une fois que ces enfants travaillent. Il commença ainsi à mener une vie tranquille en retrouvant toutes ces bonnes choses qu’il peinait à accomplir. C’est pour dire que la réussite ne doit pas être viagère, elle n’est pas non plus une finalité en soi, elle est une continuité qui doit profiter à plusieurs générations. Illustra­tion n’est plus parfaite que l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba qui ne cesse de ragaillardir en étendant ses tentacules au-delà même de nos frontières. Je rejoins aussi un célèbre magistrat qui disait que la réussite «c’est de voir ses enfants réussir».
Mafally NDIAYE

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