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La directrice du Cesti a remis 52 attestations à des journalistes béninois «sans en avertir le comité pédagogique» de l’école de journalisme. C’est une «violation» constatée par le Saes qui a saisi le Président béninois.

C’est saison 3 du feuilleton Saes/Directrice du Cesti. Après l’affaire des gilets de presse et la suppression de certaines matières qui ont occasionné des mois de paralysie des activités pédagogiques, l’année écoulée, le nouvelle pomme de discorde entre les syndicalistes du Cesti et la directrice de l’école concerne la remise d’attestations à 52 journalistes béninois par Mme Cousson Traoré Sall lors d’une cérémonie tenue avant-hier à Cotonou. «(…) Mme Cousson Traoré Sall a décidé, de façon unilatérale, de délivrer des attestations du Cesti à des professionnels béninois sans en avertir le comité pédagogique. Ce qui constitue une violation de l’article 9 du décret n° 2010-706 du 10 juin 2010 portant organisation et fonctionnement du Cesti», a dénoncé le Saes/Cesti dans une lettre adressée au Président béninois Patrice Talon.

«Attestations de la honte»
En septembre 2014, le ministère béninois de la Communication et des technologies de l’information et de la communication, actuel ministère de l’Economie numérique et de la communication, avait confié au Cesti la mission de former 120 professionnels des médias. «Au cours de ce comité pédagogique, auquel avait pris part Madame Cousson Traoré Sall, à l’époque directrice des études du Cesti, il a été bien rappelé que chaque enseignement devait faire l’objet d’une évaluation et les notes remises à l’équipe de coordination. Une mission du Cesti d’évaluation à mi-parcours de la formation, qui avait séjourné à Cotonou en juillet 2015, avait, dans un compte-rendu fait au comité pédagogique, informé les collègues que le problème du diplôme à délivrer à la fin de la formation -attestation ou certificat- avait fait l’objet d’un échange entre elle et les stagiaires béninois. Mais la mission avait averti les stagiaires que la décision à prendre était du ressort du comité pédagogique du Cesti», retracent les syndicalistes parlant d’«attestations de la honte».

Attestations «nulles» et de «nul effet»
Le Saes/Cesti estime que le «plus grave» est que Mme Sall, membre du Sudes, «ne se fonde sur aucun critère objectif et sérieux pour justifier la délivrance de ces attestations d’autant qu’elle n’a pas en sa possession toutes les notes des évaluations faites par les collègues qui ont participé à la formation». Les syndicalistes la mettent au défi de publier l’intégralité des notes obtenues par les 52 professionnels béninois. Par conséquent, déduit-on, la directrice du Cesti «n’a pas les prérogatives pour apposer sa signature sur les attestations délivrées puisque depuis mars 2019, cette tâche est dévolue au chef des services administratifs conformément aux textes et pratiques qui régissent le fonctionnement de l’université Cheikh Anta Diop». Il s’y ajoute, d’après les recoupements faits par le Saes/Cesti, que le nombre des stagiaires ayant régulièrement suivi les cours et participé aux évaluations ne dépasse pas la vingtaine. «Qu’est-ce qui justifie alors la remise des cinquante-deux (52) attestations ? Le Cesti serait-il devenu le complice d’une entreprise de blanchissement de formation dans votre pays ? Pourquoi sur les 66 attestations confectionnées par Madame Cousson Traoré Sall à son départ de Dakar, cinquante-deux (52) ont été remises finalement ?», s’alarment Mouminy Camara et ses collègues.
A la lumière de ces «vices de procédure à la fois administratives et pédagogiques», la section Saes-Cesti déclare «nuls et de nul effet les parchemins délivrés» par Mme Sall et un courrier en ce sens est adressé au recteur, Pr Ibrahima Thioub, président de l’Assemblée de l’université Cheikh Anta Diop pour lui demander de «faire prendre toutes les mesures correctives nécessaires à l’acte posé» par la directrice du Cesti.
Stagiaire

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