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Si le juge suit les réquisitions du procureur, Diafara Niane, son épouse Fatima Lakh et Mouhamed Niakh seront condamnés à 20 ans de travaux forcés pour association de malfaiteurs, trafic de drogue, blanchiment de capitaux. Ils seront fixés sur leur sort le 30 avril prochain.

Mouhamed Niakh, Diafara Niane et Fatima Lakh ne sont pas encore sortis de l’auberge. Poursuivis pour association de malfaiteurs, trafic de drogue, blanchiment de capitaux, ils encourent 20 ans de travaux forcés. Tout est parti d’un réseau de trafic de drogue découvert par les éléments de l’Ocrtis et qui serait animé par Mouhamed Niakh. Son domicile a été mis sous surveillance. Et les policiers n’ont pas eu de peine pour l‘appréhender au moment où il conditionnait le produit illicite.
Interrogé, il a attribué la paternité de la drogue à Diafara Niane. Il a aussi informé les éléments de l’Ocrtis que ladite drogue devait être vendue en détail. Munis de cette information, les flics ont interpellé Diafara Niane en possession de 9 comprimés et de la somme de 20 mille F Cfa. Une descente à son domicile a permis aux agents de saisir 300 kg de chanvre indien dans une chambre dont sa femme détenait la clé, 140 blocs de 2 kg chacun, la somme de 5 millions, un coupe-coupe, une arme à feu avec des munitions. Inculpé, il a reconnu le trafic et la détention illégale d’arme. Diafara Niane indiquait avoir acquis la drogue du Mali auprès de son fournisseur Khadim Fofana. Selon toujours lui, il n’était pas à son coup d’essai. Il disait avoir acheté un terrain à Ndjiakhirath avec de l’argent provenant de son activité illicite.
Son épouse Fatima Lakh n’a pas échappé aux questions des enquêteurs. Seulement elle a nié toute implication dans cette affaire. Elle dit même ignorer les activités illicites de son mari. «Je me suis réveillée et j’ai reçu un appel d’un individu qui s’était présenté à moi comme un taximan. Il a demandé après mon mari. C’est lorsqu’ils (les flics) faisaient la perquisition, que j’ai entendu les agents traiter mon mari de vendeur de drogue. Ils m’ont embarquée en emportant mes tissus Getzner, mes cheveux naturels et de l’or d’une valeur de 16 millions de francs», a-t-elle expliqué. Mais à l’en croire son mari ne vend pas de la drogue et elle n’a jamais su qu’il s’active dans ce trafic. Toutefois, elle précise qu’elle a hérité des biens de son père et s’active dans le commerce depuis 1997. D’ailleurs, c’est ce qui lui a permis, indique-t-elle, d’acquérir un terrain d’une valeur de 27 millions en versant en 3 ans la somme de 17 millions de francs.
Par ailleurs, le chauffeur Mouhamed Niakh, avait quant à lui soutenu à l’enquête qu’un client l’avait appelé afin qu’il lui livre 2kg de chanvre indien. Devant le juge de la Chambre criminelle, il a nié par contre avoir tenu de tels propos. Il dit aussi qu’il ne s’est jamais entretenu avec la femme de Diafara Niane.
Les accusés n’ont pas convaincu le procureur qui a requis à leur encontre la peine de 20 ans de travaux forcés. Selon Me Bamba Cissé qui défendait Fatima Lakh, le procureur n’a pas articulé les faits. Il a demandé de la renvoyer des fins de la poursuite. Les conseils des autres accusés ont abondé dans le même sens. L’affaire sera vidée le 30 avril prochain.
justin@lequotidien.sn

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