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La Chambre criminelle de Thiès a vidé hier, une affaire de tentative d’assassinat opposant Mohamed Bâ à ses employeurs. L’accusé a été condamné à 7 ans de travaux forcés et 15 millions de F Cfa d’amende. Lors de cette session, 24 dossiers ont été vidés pour principalement des affaires de meurtres, d’assassinats ou d’infanticide.

La nouvelle session de la Chambre criminelle 2017 de Thiès, qui a débuté le 14 novembre, a pris fin hier. Elle a vidé 24 dossiers concernant 51 accusés pour des faits de détention et trafic de drogue, de meurtres, d’assassinats, d’infanticide et d’association de malfaiteurs. Dans son délibéré, la Chambre criminelle de Thiès a reconnu coupable le sieur Mohamed Bâ, poursuivi pour tentative d’assassinat et l’a condamné à une peine ferme de 7 ans de travaux forcés, assortie d’une amende 15 millions de francs Cfa. L’accusé, qui a comparu devant la barre, est en effet tombé entre les mailles des filets de l’agent de sécurité, Cheikh Gaye, du complexe hôtelier «Croissant magique», le vendredi 10 octobre 2014. Conduit et mis à la disposition du Com­missariat central de Thiès, le nommé Mohamed Bâ, employé au même établissement, est accusé d’avoir assené des coups de couteau à ses employeurs, Samir et son épouse Normand Khalil. Interrogé sur l’incident, Cheikh Gaye déclare ne rien savoir sur les motivations du mis en cause, mais il précise l’avoir vu s’attaquer au couple avec un couteau, avant d’intervenir avec son collègue Souleymane Guèye, pour empêcher le «criminel» de s’échapper. De son côté, Sou­leymane Guèye a déclaré avoir, le jour des faits, rencontré le mis en cause à hauteur de la boîte de nuit «Dosso», qui lui demandait la position du couple Khalil. Karim Nagib, faisant partie du personnel de l’établissement qui était de service ce jour, soutient avoir aperçu son patron, Samir Khalil, baignant dans une mare de sang, et Mohamed Ba tenant un couteau  à la main. Le patron du complexe hôtelier, Samir, lui, d’expliquer que «Mohamed Bâ travaillait dans son établissement depuis cinq ans et entretenait, jusque-là, de bons rapports avec lui, tout en recevant régulièrement son salaire compris entre 100 000 et 120 000 F Cfa, sans compter ses frais médicaux que je prenais en charge, comme à la suite de ses blessures résultant de son affrontement avec un certain Oumarou qui venait de prendre service au restaurant».

Vengeance contre un couple
Pour sa part, Mohamed Ba affirme n’avoir eu aucun différend avec son employeur dans le cadre de son travail. Sauf que, dit-il, «celui-ci a refusé de m’embaucher sous prétexte que je n’étais pas sénégalais, et a, après, recruté un autre agent de nationalité malienne, travaillant dans le même secteur que moi et avec qui je m’étais battu». Pour autant, selon ses dires, ce vendredi, jour des faits, il avait réitéré à son employeur sa «volonté de rentrer chez lui», mais pour toute réponse, celui-ci lui avait rétorqué qu’«il s’en foutait, avant de se jeter sur moi». Ce qui, explique-t-il, l’avait poussé à «riposter avec le couteau» qu’il détenait. Et sur les violences commises sur la dame Normand Khalil, il a soutenu l’avoir touchée alors qu’il faisait un coup circulaire avec son arme pour échapper à Samir qu’il croyait également armé. Aussi il a avoué qu’il n’avait nullement l’intention de tuer ses employeurs, encore moins de les blesser. Toutefois, il dit ne plus se rappeler les «circonstances» dans lesquelles il avait poignardé son patron et son épouse. La dame Normand Khalil, elle, explique l’agression comme étant «si rapide et violente» qu’elle s’était évanouie et avait, compte tenu de la «gravité de mes blessures», subi trois interventions chirurgicales. Elle indique avoir été en «soins intensifs pendant quarante jours» et n’avait point de «doute quant à la volonté du mis en cause d’attenter à sa vie et à celle de son époux». D’ailleurs ce dernier estime avoir reçu «quatre coups de couteau dont deux l’ayant pris au dépourvu et tous visant des organes sensibles, à savoir le rein droit et le cœur». Ce qui, selon lui, «traduit l’intention de l’accusé d’en finir avec moi». Les documents médicaux des victimes font état, pour la dame Normand Khalil, d’une plaie thoracique avec effraction pulmonaire gauche ayant entrainé un hémo-pneumothorax de grande abondance, ainsi qu’une plaie superficielle du bras gauche. Pour son époux, Samir Khalil, d’une plaie basithoracique gauche non pénétrante de 2 cm hémorragique, une plaie de la région lombaire d’environ 5 cm sans lésion viscérale et une autre plaie superficielle de l’avant-bras droit. La dame s’en est sortie avec une incapacité totale de travail de 30 jours, son mari, avec 15 jours. Après le ré­qui­sitoire de l’avocat général, qui a demandé la perpétuité, le président de la Chambre, Samba Ndiaye, disqualifiant la tentative d’assassinat en coups et blessures volontaires, a prononcé la peine de 7 ans de travaux forcés et 15 millions de F Cfa d’amende contre Mohamed Bâ.

nfniang@lequotidien.sn

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