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C’est une banale histoire. La victime Assane Thioub et ses compagnons avaient soupçonné l’accusé Bocar Diop, d’être un indicateur de la police.  Ils avaient même la certitude que c’est lui, qui les avait balancés à la police, comme étant des vendeurs de drogue. C’est ainsi que Assane Thioub avait pris l’initiative de lui régler son compte. Il s’en est suivi une bagarre à l’issue de laquelle, Bocar Diop s’en  est sorti avec des blessures. Se sentant humilié, il a décidé de laver cet affront.  C’est ainsi qu’il a acheté un couteau qu’il a gardé par devers lui. Mais, comme il ruminait toujours cette colère, il s’est mis à la recherche de Assane Thioub pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Mais connaissant les fréquentations de la victime, il ne cessait de l’épier aux alentours des bars «Kami­nane» ou bar «Bou bess». Un jour, il l’a vu se diriger vers le bar. Il ne s’est pas fait prier pour l’interpeller afin d’en découdre avec lui. Au cours de cette bagarre, la victime a reçu un coup de couteau qui lui a été fatal.
Accusé d’être un indicateur de la police
Après avoir commis son forfait, l’accusé a pris la clé des champs  pour aller se refugier à Nguidjilogne dans le département de Matam. Mais, c’était sans compter avec la maman de la victime. Suite à l’annonce de la mort de son enfant qui l’a beaucoup affectée, elle n’a pas hésité à déposer une plainte au poste de police  de Jaxaay.  Un transport sur les lieux des policiers avait permis de trouver le corps sans vie  de la victime, baignant dans une mare de sang.  La dame  a ainsi fait remarquer aux limiers que la victime ne s’entendait pas avec les nommés Aly Diène, Pape Sall et autres, notoirement connus comme étant des trafiquants de chanvre indien dans un secteur géographique appelé «Tuyaux ya». Elle confiait, en outre, aux enquêteurs que le décès de son fils lui a été rapporté par Malick Sy et Balla Sèye. Entendu, Bocar Amadi Diop reconnaissait être l’auteur de la mort de Cherif Assane Thioub. Cependant, il soutenait que ce dernier l’avait indexé à tort comme étant un indicateur de la police. Des déclarations qu’il n’a pas réitérées devant la Chambre criminelle. Mettant de l’eau dans son vin, il a fait croire à la chambre qu’il n’avait nullement l’intention de tuer la victime. Il s’explique : «C’est deux mois après notre première altercation que je suis allé voir Balla Sèye, pour le mettre au parfum de la situation. Ainsi, c’est quand je quittais la maison de ce dernier que Assane m’a attaqué avec une barre de fer. Et pour se venger, il je l’ai poignardé», a-t-il tenté de justifier son acte.
Des justifications battues en brèche par la mère de la victime. Selon elle, c’est l’accusé qui a tué son fils. «Il a été entendu par les gendarmes de Ourossogui, suite à la déposition de son propre frère, avec qui, il avait un problème et qu’il a poignardé à la main. C’est ce qui a motivé son transfert à Dakar», a dit la mère de la victime. Selon l’avocat de la partie civile, l’accusé a toujours reconnu les faits. Il a réclamé en guise de réparation, la somme de 150 millions de francs. Convaincu de sa culpabilité, le Parquet a requis la prison à perpétuité. Car dit-il: «On ne peut pas parler de légitime défense, dès lors qu’on parle d’une vengeance. L’accusé ne mérite aucune circonstance atténuante. C’est un homicide volontaire prémédité.» Pour sa part, la défense a sollicité l’application bienveillante de la loi pénale. L’affaire sera vidée le 7 novembre prochain.
justin@lequotidien.sn

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