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Hamidou Dia voulait mettre un terme à la vie de  sa tante, Rokhaya Thiaw,  à l’aide d’une corde. Le motif ? Elle aurait gardé pour elle les biens de son oncle. Arrêté, il a été poursuivi pour tentative d’assassinat. Comparaissant à la barre de la Chambre criminelle de Dakar sur une chaise roulante, l’accusé, qui sera édifié le 2 avril prochain, encourt 20 ans de travaux forcés.

L’accusé Hamidou Dia a comparu devant la Chambre criminelle pour  tentative d’assassinat sur sa tante Rokhaya Thiaw. Le 9 août 2017, Hamidou Dia avait rendu visite à sa tante à la Liberté 6. Accueilli par le gardien qui l’a installé dans le salon, il l’a attendue sans se lasser. Au cours de leur discussion, il lui a manifesté son désir de bénéficier d’un prêt de 400 mille francs. A sa grande surprise, sa tante n’a pas accédé à sa demande. Elle ne lui a offert qu’un billet de 10 000 francs pour son transport.  Un geste qui lui est resté en travers de la gorge. Pour mieux peaufiner son plan, il a demandé la permission d’aller aux toilettes pour faire ses ablutions. Arrivé  à hauteur de la porte du salon, il  a sorti de son sac une corde.  Mais comme sa tante lui tournait le dos, il l’a surprise en l’étranglant jusqu’à ce qu’elle tombe en syncope.  Croyant qu’elle est morte,  il a pris la fuite en passant par le balcon. Heu­reusement, la victime a eu son salut grâce à l’irruption de sa secrétaire dans le salon.  Quand elle a vu sa patronne en train de s’essouffler, elle a volé à son secours en la conduisant à l’hôpital. Quand elle a repris ses esprits, la victime a raconté sa mésaventure à son assistante. Cette dernière ne s’est pas fait prier pour alerter la police. Une enquête a été ouverte et a conduit à l’arrestation de Hamidou Dia le 22 août de la même année.  Interpellé par les enquêteurs, ce dernier a reconnu avoir tenté de tuer sa tante. Selon ses explications,  elle a accaparé l’héritage de son oncle.
A la barre de la Chambre criminelle, l’accusé qui  a comparu sur une chaise roulante, a nié les faits qui lui sont reprochés. Il prétend que c’est sa tante, qui est gynécologue, qui lui avait demandé de venir chez elle. Elle l’aurait menacé, dit-il, au cours de leur discussion. Selon toujours l’accusé, elle lui aurait aussi dit que sa famille a une dent contre elle depuis que son oncle est mort en 2012. «J’ai eu peur de ces menaces raison pour laquelle j’ai escaladé le balcon avant de sortir par la grande porte. Suite à cela, je suis parti directement dans mon village. Avant de partir j’ai retiré mon argent  à Petersen», a-t-il expliqué.
Mais selon les déclarations contenues dans l’ordonnance de renvoi, il avait déclaré qu’il a retiré son argent à Thiaroye. Selon le parquetier,  les faits ne souffrent d’aucun doute. Dans son réquisitoire, le procureur estime que le coup a été porté dans une partie  vitale. Ce qui l’amène à dire que l’acte a été prémédité par l’accusé.  A l’en croire, il jouit de toutes ses facultés mentales et physiques.  Il a requis à son encontre  20 ans de travaux forcés. Ce n’est pas l’avis de la défense. Selon Me Omar Daff, son client ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales au moment des faits car il avait dit à l’enquête préliminaire qu’il a essayé de tuer le diable. C’est à cause des piqûres qu’il est devenu handicapé. Il plaide la relaxe «à cause de sa maman âgée de 71 ans et qui  souffre de voir son fils en taule. Elle ne demande qu’on lui rende son fils avant qu’elle ne meurt», dit-il.
Par ailleurs, Me Mor Samb pense que son client n’avait pas l’intention de donner la mort. Il demande l’acquittement au principal  et à titre subsidiaire une application bienveillante de la loi. Délibéré au 2 avril prochain.
justin@lequotidien.sn

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