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A la suite d’une dispute, El Hadji Abdou Aziz Diaz a tué son neveu Mouhamed Cissé. Comparaissant pour meurtre, l’accusé risque 10 ans de travaux forcés après le réquisitoire du Parquet, qui a demandé de disqualifier les faits en coups mortels. Le délibéré sera rendu le 6 juin.

Entre El Hadji Abdou Aziz Diagne et son neveu les relations n’étaient pas au beau fixe. Les deux parties, qui partageaient la même chambre, ne se vouaient pas un amour réciproque. Leurs disputes quotidiennes ont finalement viré au drame. A la suite d’une bagarre, l’oncle a «tué» son neveu à l’aide d’un couteau. Les faits remontent au 1er avril 2011. Et il encourt 10 ans de prison ferme.
Ce jour du 1er avril 2011, les éléments des sapeurs-pompiers ont été appelés pour secourir un individu répondant au nom de Mohamed Cissé, qui a été mortellement poignardé par son oncle à Niarry Tally. Les soldats du feu se sont très vite transportés sur les lieux pour s’enquérir de la situation. Sur place, ils ont trouvé le corps sans vie de la victime gisant dans une mare de sang. Ils ont également constaté l’arme du crime qui a été trouvée dans la cour de la maison. C’est un couteau de 40 cm de long tacheté de sang. Les sapeurs-pompiers ont informé le commissaire du point E, qui a dépêché ses éléments sur le lieu du drame.
Les renseignements recueillis sur place ont permis de savoir que c’est l’oncle  qui est l’auteur des faits. Trouvé dans un état d’ébriété avancé, ce dernier s’était réfugié dans sa chambre après avoir commis son forfait. Il a été arrêté avant d’être conduit manu militari au commissariat du Point E. Soumis à un interrogatoire,  il a reconnu avoir poignardé son neveu mais précise qu’il n’avait aucune intention de le tuer. Il dit regretter son acte. Ce sont les mêmes déclarations qu’il a faites devant le magistrat-instructeur. Le certificat de genre de mort a fait état d’une hémorragie interne et externe de grande abondance, causée par une arme blanche longue et pointue.
Devant  la Chambre criminelle, il a réitéré ses déclarations en soulignant n’avoir jamais eu l’intention de tuer le fils de sa sœur qui lui a été confié. «Tout a commencé le 31 mars 2011. Ce jour-là, je suis rentré du travail vers les coups de 18 heures. Arrivé à la maison, j’ai trouvé mon neveu et ses trois amis dans la chambre que nous partagions. Après  les salutations, il m’a montré un porte-clés. Je lui ai dit que c’était très joli. Il m’a dit qu’il l’avait acheté à 200 francs Cfa. Je lui ai demandé de me le donner en cadeau, il a refusé. Le lendemain, c’est-à-dire le 1er avril 2011, en rentrant du boulot, j’ai rencontré quelqu’un qui vendait des porte-clés identiques au sien. Je m’en suis procuré un. Quand mon neveu a vu le porte-clés, il a cru c’était le sien. Je lui ai dit que je l’avais acheté mais, il ne m’a pas cru. Il a commencé à me traiter de tous les noms. Il disait que c’est moi qui avais fait emprisonner sa mère en Gambie. Alors que j’étais en train de regagner notre chambre, il m’a donné, je crois, un coup de pilon. J’ai riposté. Je ne saurais vous dire comment je l’ai blessé. Je ne me suis pas vengé de lui. Il est mon neveu et sa mère me l’a confié alors qu’il était tout petit.  Je n’avais pas l’intention de le tuer. Je n’ai jamais songé à me battre avec lui», a-t-il expliqué au juge. Mais il sera vite contredit par la tante de la victime. Selon Fanta Diallo, qui a comparu à titre de témoin, «ce jour-là, il y avait une violente dispute  entre les deux. Il s’en est suivi une bataille. Avec l’aide des voisins, nous avons réussi à les séparer. Je ne sais pas à quel moment il l’a poignardé.  Je l’ai vu sortir de la maison en toute vitesse, la main collée à la clavicule avant de s’écrouler. Les deux protagonistes avaient des relations heurtées, des relations conflictuelles. Ils se chamail­laient très souvent pour des affaires de serrure ou de clé alors qu’ils partageaient la même chambre», a-t-elle déclaré. Très précis dans son récit, il précise : «Mohamed Cissé n’avait pas digéré le fait que son oncle ait fait emprisonner sa mère en Gambie. Depuis qu’il a eu écho de ça, il ne pouvait plus regarder son oncle  des yeux et ils se chamaillaient. J’avais même alerté la police.  Il y avait une animosité consécutive à l’arrestation de la mère de la victime sur plainte de l’inculpé. Depuis lors leurs relations se sont détériorées.»   Selon procureur, «c’est un véritable drame familial».  Revenant sur les faits, le Parquet a souligné que l’accusé avait 39 ans et son neveu 24 ans. A l’en croire, le témoin a même prouvé que ces derniers étaient des amis très proches, mais leur problème est survenu à la suite d’une simple dispute. Le maitre des poursuites a demandé la disqualification des faits en coups mortels car les 2 belligérants se sont battus. Et c’est sous le coup de la colère que l’accusé voulait se débarrasser de son étreinte, car son neveu était de forte corpulence. Néanmoins, il a requis 10 ans ferme et une amende de 200 000 francs.
L’avocat de la défense a plaidé la circonstance atténuante car son client n’a jamais envisagé de se bagarrer en état d’ébriété, dit-il. Le délibéré est fixé au 6 juin prochain.
justin@lequotidien.sn

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