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Boubacar Bangoura et sa bande, qui opéraient au niveau du Pont de l’émergence, ont été jugés devant la Chambre criminelle de Dakar pour les délits d’«association de malfaiteurs, de viol collectif, de vol avec violence et de détention illégale d’armes». Ils risquent des peines allant de 5 ans de travaux forcés à la perpétuité. La décision sera rendue le 17 juillet.

Le procureur Saliou Ngom a requis les travaux forcés à perpétuité pour Boubacar Bangoura, Mohamed Keïta, Mansour Dièye, Amadou Baldé et Galass Niang. Par la même occasion, il a sollicité 20 ans de travaux forcés contre Amdy Moustapha Diouf et 5 ans de prison ferme pour vol avec violence contre Mamadou Kairé. Par contre, il a requis l’acquittement en faveur de Khadim Diouf. Les accusés comparaissaient pour «associations de malfaiteurs, agression sexuelle, vol, complicité de vol et recel». Les faits se sont produits à la Patte d’Oie le 7 janvier 2013. La dame Soukeyna Keïta et sa fille Mariama Diop avaient la malchance de croiser le chemin de ces malfaiteurs qui avaient fini de faire de l’ex-pont Sénégal 92 leur lieu de chasse. En fait, ils profitaient des embouteillages occasionnés par les travaux entrepris pour l’érection du Pont de l’émergence. Ce jour-là,  alors qu’elles étaient sur le chemin de retour vers les coups d’une heure du matin, elles sont passées sur le pont de l’émergence, elles ont fait l’objet d’une agression de la part de la bande à Boubacar Bangoura. Elles ont été dépouillées de leurs téléphones portables, de leurs sacs et de la somme de 12 mille francs. Les agresseurs ne se sont pas arrêtés en si mauvais chemin. Ils ont abusé sexuellement de la jeune Mariama Diop, à tour de rôle.  Dès le lendemain, la dame Soukeyna Keïta et sa fille ont déposé une plainte au commissariat des Parcelles Assainies pour «vol et agression».
L’enquête ouverte a permis l’exploitation du numéro de Mariama Diop.  Mais comme un crime n’est jamais parfait, les limiers ne tarderont pas à avoir une piste. Car le téléphone de la victime a été utilisé par la dame Astou Mbaye. Interrogée, cette dernière a déclaré que le portable lui a été offert par son petit ami Galass Niang. Interpellé à son tour, Niang a reconnu les faits sans ambages en citant les membres de sa bande. Il s’agit des nommés Boubacar Bangoura, qui est le chef du gang, Mohamed Keïta alias Bilo, Mansour Dièye, Amadou Baldé alias Boy Poulho et Mohamed Kairé. Selon l’accusé, Galass Niang, ils ont formé un gang pour s’attaquer aux passants afin de les dépouiller de leurs biens. Et ils avaient choisi le Pont de l’émergent pour commettre leurs forfaits. Poursuivant leur investigation, les enquêteurs ont arrêté Boubacar Bangoura, Mohamed Keïta et Amadou Baldé à la Place de l’indépendance. La perquisition faite à leur appartement à Yarakh a permis de découvrir plusieurs téléphones portables, un téléviseur de marque Thomson, des sacs à main, trois couteaux et un coupe-coupe et 6 téléphones de marque Samsung.
Après l’arrestation des agresseurs, plusieurs parties civiles se sont manifestées pour confirmer des plaintes déjà déposées. C’est le cas de deux dames qui ont présenté des certificats médicaux attestant des déchirures hyménales. Des faits qu’elles imputent aux agresseurs qu’elles disent formellement reconnaitre. Boubacar Seck a soutenu avoir subi une agression sur ce lieu. Il a été dépossédé de deux téléphones portables et de la somme de 260 000 francs.  Même son de cloche pour Moussa Diop qui dit avoir reconnu Boubacar Ban­goura. Des aveux corroborés par les victimes Malick Diop, Amadou Ndèye Ngoné Fall, Moustapha Diagne et Anta Ka. Ils remettaient leurs butins à Amdy Moustapha Diouf qui se chargeait de les écouler dans le marché précisément à la «salle de ventes».

Le Parquet requiert la pendaison pour les violeurs
Si à l’enquête, les mis en cause avaient reconnu les faits, devant la barre, ils se sont rétractés, à l’exception du chef de la bande, Mohamed Bagoura. Ce dernier a assumé ses responsabilités. Revenant sur les faits, il affirme qu’ils sont tous des agresseurs qui se sont connus entre la place de l’Independence et Yarakh. Mais, il conteste le délit de viol.
Malgré le réquisitoire sévère du Parquet, la défense a plaidé une application bienveillante de la loi. Car, dit-elle, les faits ne sont pas établis. Les accusés seront édifiés le 17 juillet.
justin@lequotidien.sn

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